Éric Caire

Pourquoi nous faisons le pari de l'imputabilité

Depuis maintenant plus d'une décennie, nous avons tous été témoins du gaspillage et des cafouillages au sein de notre administration publique. L'impatience des Québécois est à son comble. Que l'on pense simplement aux nombreuses bourdes du ministère des Transports, les nombreux fiascos informatiques comme le Dossier Santé Québec et les dépenses somptuaires pour certains ministères. Des situations qui, au privé, auraient tout simplement valu aux responsables un congédiement pur et simple.
Au lieu de cela, nous constatons qu'en 10 ans, malgré ces nombreux écarts, aucun haut dirigeant du secteur public n'a perdu son emploi. Pire, ceux-ci font souvent l'objet de «promotions» tout en conservant leurs généreux salaires et avantages.
Il est entendu que les ministres doivent répondre de ce qui se passe dans leurs ministères. Mais qu'en est-il des hauts dirigeants de ces mêmes ministères? Est-ce qu'on doit étirer le principe de responsabilité ministérielle au point d'éviter de réprimander des dirigeants qui sont derrière des fiascos gouvernementaux et des gouffres de dépenses pour les contribuables? À la CAQ nous pensons que non. Que l'imputabilité est une condition incontournable pour ces postes clés. Ça suffit.
Il est inacceptable qu'un haut dirigeant dont les décisions se sont soldées par un fiasco financier soit récompensé par une «promotion» ou une autre astuce pour le protéger en l'envoyant sur une «tablette dorée». Trop souvent, on a vu ce genre de manoeuvre outrageuse dans la fonction publique québécoise. Il est inadmissible qu'une personne dont l'incompétence coûte cher aux contribuables du Québec puisse jouir d'une totale amnistie pour ses actes. 
En plus des impacts sur les contribuables, le manque de professionnalisme et la gestion déficiente de ces dirigeants ont d'autres conséquences comme la démotivation du personnel sous leur responsabilité et la diminution de la confiance du public dans ses institutions. 
Nous sommes tous et chacun témoins en tant que citoyens du prix que nous payons collectivement pour le manque de rigueur dans la gestion de la prestation des services de plusieurs organismes. Mais depuis trop longtemps, rien n'est fait par les vieux partis qui se sont partagé le pouvoir pour régler ce fléau.
Cette culture doit impérativement changer. Tout le monde en a assez. Pour y mettre fin, ma formation politique a déposé un projet de loi dont l'objectif est de rendre nos hauts dirigeants de ministères et organismes imputables de leurs décisions. Il est grand temps que nous exigions des grands commis de l'État qu'ils rendent compte de ce qu'ils font avec les missions et les deniers que nous leur confions.
Éric Caire, député de La Peltrie