En retirant le guichet automatique du Patro Laval, Desjardins fait fi des nombreuses répercussions sur ses membres qui habitent le quartier, surtout les plus vulnérables (personnes âgées, à mobilité réduite), dénoncent les auteures.

Pourquoi fermer le seul guichet accessible?

Au conseil d’administration de la caisse Desjardins du Centre-Ville,

Nous représentons des organismes communautaires, nous sommes des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur et des membres de la Caisse Desjardins. Nous voulons signifier notre mécontentement à la suite de la décision de retirer de façon définitive le guichet automatique de la rue Bigaouette, au Patro Laval, le 14 septembre dernier. À la suite de différents échanges téléphoniques avec le directeur général de la Caisse, Monsieur Laforest, nous en sommes venues à la conclusion que cette décision relève d’une vision purement comptable et stratégique. En effet, Monsieur Laforest a justifié le retrait du guichet du Patro Laval en invoquant le nombre trop faible de transactions qui y étaient effectuées.

Cette décision nous apparaît pour le moins étonnante, compte tenu des valeurs constitutives du Mouvement Desjardins que sont «la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité». L’organisation s’est également positionnée en faveur de l’accessibilité de ses installations et ajoute même, sur son site Internet, que «de nombreuses initiatives ont été prises pour aplanir les obstacles qui pourraient empêcher les membres souffrant de handicaps de bénéficier de nos services». 

En retirant le seul guichet automatique universellement accessible du secteur, là où l’on trouve une grande concentration de personnes âgées, Desjardins fait fi des nombreuses répercussions sur ses membres qui habitent le quartier, surtout les plus vulnérables (personnes âgées, à mobilité réduite). 

Ces personnes doivent désormais parcourir de plus longues distances, avec ce que cela implique de risques, de frais et de temps. Plusieurs ont signifié que ces déplacements génèrent chez eux un sentiment d’insécurité, et portent aussi atteinte à leur autonomie.

Nous avons déjà remarqué une diminution de la qualité des services aux guichets automatiques restants dans le quartier Saint-Sauveur: files d’attente plus longues, manque d’argent dans les guichets, glissement vers un service informatisé qui est difficilement accessible pour la clientèle âgée, les personnes à faible littératie ainsi que pour toute personne n’ayant pas accès à Internet ou à un ordinateur. En bref, nous constatons une diminution des services personnalisés et humains.

À l’instar des 200 signataires de la pétition lancée le 17 octobre, nous demandons le retour du guichet automatique de la rue Bigaouette. Nous demeurons disponibles pour des échanges constructifs.

Johanne Arseneault, animatrice chez Atout-Lire

Monique Foley, Centre des femmes de la Basse-Ville

Éloise Gaudreau, Comité des citoyen-ne-s du quartier Saint-Sauveur

Céline Henrioux, agente de vie communautaire aux Habitations Vivre chez soi

Raynald Pelletier, président du Comité d’action des personnes vivant des situations de handicap