Des élèves de l'école de la Grande-Hermine ont visité la mosquée de Limoilou, mardi.

Pour vivre ensemble

Une belle nouvelle cette semaine, à Québec : des élèves du primaire visitent les fidèles dans une mosquée au moment de la prière. C'est un geste prometteur, tout comme les connaissances qu'ils acquièrent au sujet des grandes religions.
En effet, depuis près de 10 ans dans les écoles, le programme Éthique et culture religieuse (ÉCR) a remplacé l'option entre les programmes d'enseignement religieux catholique ou protestant et le programme d'enseignement moral. Les buts du programme ÉCR sont la connaissance de l'autre et la poursuite du bien commun. 
Le cours présente les trois religions monothéistes (juive, chrétienne et musulmane), l'hindouisme, le bouddhisme et la spiritualité autochtone; il ne fait ressortir aucun esprit de supériorité d'une religion ou croyance sur une autre. Les activités, adaptées au niveau des élèves, les amènent à réfléchir sur des questions éthiques (valeurs, entraide, tolérance, vivre ensemble, etc.). Les enfants sont aussi amenés à comprendre le phénomène religieux (volet culture religieuse) et à pratiquer le dialogue (volet dialogue). 
Ainsi, ils découvrent graduellement que le volet religieux existe et diffère selon la communauté qui le pratique. L'enseignement ne touche pas les dogmes ni les croyances, mais présente la culture, les manifestations, les rites pratiqués par les membres des diverses religions au cours de certains moments de la vie : à la naissance, à la mort, autour des grandes fêtes. Les enfants apprennent que certains amis vont à la synagogue, à la mosquée ou à l'église. Ce faisant, ils découvrent les différences des diverses pratiques et les admettent comme étant le fait de chaque communauté. À titre d'exemple, les jeunes chrétiens découvrent qu'il existe d'autres fêtes religieuses que Noël et Pâques dans la vie des autres croyants.
De nos jours, où les classes d'élèves québécois, tout comme la société, ne sont plus homogènes, il devient nécessaire d'élargir notre champ de vision afin d'augmenter notre capacité d'ouverture aux autres et ainsi de devenir davantage capable chacun d'apporter sa contribution à un vivre ensemble le plus harmonieux possible. Si l'exemple viendra des enfants, on continue d'espérer que les adultes seront de la partie.
Raymond Martel, Québec