«C’est en posant des actions concrètes comme celles mentionnées dans cette lettre que l’Université Laval pourra participer à la lutte et répondre à l’urgence environnementale», écrivent les étudiants signataires.

Pour une vraie durabilité à l’Université Laval

Devant la crise climatique actuelle, le constat est indéniable : il faut agir maintenant. Les universités, à titre d’institutions d’enseignement et de recherche, doivent être à l’avant-plan de cette lutte, non seulement pour contribuer directement aux changements et à l’atteinte des cibles internationales d’émissions de gaz à effet de serre (GES), mais également pour démontrer des pratiques exemplaires et les diffuser au-delà de la communauté universitaire.

L’Université Laval affirme être un leader en matière de développement durable (DD), tant au Québec qu’à l’international. Bien qu’elle intègre officiellement la démarche DD dans ses activités depuis 2007 et qu’elle propose plusieurs initiatives en ce sens, certains membres de la communauté universitaire y voient plutôt une stratégie de communication et de recrutement. Pourtant, dans un contexte climatique alarmant, le DD ne devrait pas être une image de marque, mais bien un outil pour faciliter un passage à l’action. C’est pourquoi l’Université Laval doit faire preuve de davantage de cohérence, de transparence, de proactivité et de rigueur dans sa démarche de DD afin qu’elle s’arrime avec la volonté étudiante.

D’abord, l’Université Laval doit se responsabiliser quant à l’ensemble des catégories d’émissions de GES dans son calcul de carboneutralité. À l’heure actuelle, on ne considère pas les émissions indirectes, notamment produites par les transports quotidiens et les déplacements professionnels des membres de la communauté universitaire (21,7 % et 12,9 % des émissions totales de l’Université, directes et indirectes), puisqu’il n’est pas obligatoire de les considérer pour être reconnue comme une institution carboneutre. Nous savons pourtant que ce sont les transports qui génèrent le plus d’émissions de GES au Québec. Ainsi, nous demandons que l’Université prenne des mesures concrètes pour réduire ses émissions indirectes de gaz à effet de serre afin d’aller au-delà d’une mention de carboneutralité. Un tel engagement pourrait par exemple passer par la mise en place de mesures visant à réduire l’usage de l’automobile sur le campus, par un appui financier au laissez-­passer universitaire qui réduirait le fardeau économique de la communauté étudiante, et par le développement d’un laissez-passer pour les employé.e.s.

L’engagement de l’Université Laval en DD doit cependant aller bien au-delà des émissions de GES. Celui-ci devrait ainsi passer par : une formation réellement ancrée dans la durabilité; un aménagement du campus répondant mieux aux désirs des membres de la communauté universitaire et aux besoins de mobilité, de formation, d’engagement social et d’échanges avec le milieu; des prises de position politique en phase avec les résultats de la recherche scientifique faite par ses chercheurs (notamment quant au troisième lien, à propos duquel plusieurs chercheurs de l’Université Laval se sont positionnés publiquement); l’interdiction des bouteilles d’eau à usage unique sur le campus; une offre alimentaire zéro-déchet et, plus largement, une offre alimentaire socialement et écologiquement responsable; et une plus grande transparence par rapport au désinvestissement des énergies fossiles.

Bien que nous reconnaissions les efforts réalisés par l’Université afin de promouvoir le DD, c’est en adoptant une posture plus engagée, notamment en posant des actions concrètes comme celles mentionnées dans cette lettre, qu’elle pourra davantage participer à la lutte actuelle et répondre à l’urgence environnementale. Nous espérons ainsi que la nouvelle planification stratégique de l’Université Laval soit plus audacieuse et facilite la mise en œuvre d’initiatives durables, contribuant à faire d’elle un véritable leader en DD.

Le 15 mars prochain, nous encourageons également tous les étudiant.e.s de l’Université Laval et de la province à se joindre au mouvement La Planète s’invite à l’Université et à aller manifester, tout comme des millions d’autres étudiants sur la planète, pour exiger de nos institutions universitaires et gouvernementales un passage à l’action en matière de durabilité.

Samuel Yergeau, instigateur de la lettre, étudiant à la maîtrise en sciences géographiques

Olivier Villemaire-Côté, candidat au doctorat en sciences forestières

Anne Bernard, fondatrice de l’Alliance étudiante en développement durable, candidate au doctorat en sciences forestières

Nicolas Pouliot, étudiant à la maîtrise en philosophie

Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS)

Édith Turbide, co-coordonnatrice, Univert Laval

Jonathan Tedeschi, co-coordonnateur, Univert Laval

Sami Jai Wagner Beaulieu, co-porte-parole, La Planète s’invite à l’Université : ULaval