La Maison Béthanie

Pour un Vieux-Québec généreux et inclusif

Depuis plus de cinq ans, la Ville de Québec multiplie les initiatives pour favoriser la venue de nouvelles familles et résidants dans le Vieux-Québec. Cette volonté a pris plusieurs formes, elle a entre autres donné naissance à la Table de concertation du Vieux-Québec où citoyens, commerçants et représentants d'institutions travaillent concrètement à favoriser un nouveau dynamisme pour ce quartier historique, joyau du patrimoine mondial.
La Ville a aussi été présente depuis le tout début dans le dossier du déménagement de l'Hôtel-Dieu vers le site de l'Enfant-Jésus et réclamé de toutes ses forces le maintien d'un nombre équivalent de travailleurs pour compenser ce déplacement compréhensible dans les circonstances. La Ville a travaillé de concert avec l'Hôtel-Dieu et le gouvernement du Québec pour que les bâtiments excédentaires ou encore les terrains vacants de l'Hôtel-Dieu soient transformés à des fins résidentielles.
La Ville collabore aussi avec les congrégations fondatrices de Québec que sont les Augustines et les Ursulines pour assurer la reconversion de leurs monastères plusieurs fois centenaires afin que ces lieux historiques demeurent vivants, même une fois que les congrégations les auront quittés.
Devant toutes ces actions concrètes, j'ai été estomaquée de lire jeudi la lettre ouverte écrite par certains citoyens du Vieux-Québec qui s'opposent à la transformation de la Maison Béthanie pour des motifs qui me semblent fondés davantage sur le «pas dans ma cour» que ceux évoqués dans leur texte. 
Ainsi, les mêmes citoyens qui demandent plus de résidents dans le Vieux-Québec s'opposent à ce projet qui ferait passer le nombre de logements de 12 à 20. En quoi ces huit logements supplémentaires nuiraient-ils au développement durable et humain du Vieux-Québec?
La transformation de la maison Béthanie est une excellente nouvelle pour le Vieux-Québec ! Mais elle impose, pour être faite dans le respect du patrimoine, des contraintes importantes au promoteur. Des cellules de religieuses ne se transforment pas si facilement en grand appartement pour les familles lorsqu'on souhaite préserver leur cachet. Je suis choquée que des voisins de cet immeuble fassent déjà des procès d'intention au propriétaire en laissant sous-entendre qu'il pourrait louer les petits logements pour de l'hébergement illégal. Je m'insurge contre cette façon de faire malsaine pour la démocratie et qui illustre encore une fois ce que nous avons dénoncé à plusieurs reprises, soit l'intérêt personnel de certains résidants limitrophes qui refusent pour des motifs fallacieux le développement de certains projets au détriment de l'intérêt général des citoyens et de la ville.
Je m'étonne d'ailleurs de ne pas retrouver dans la liste des auteurs de ce billet le nom du colistier d'Anne Guérette, qui s'est prononcée comme eux contre ce projet. Est-ce une omission ou encore préfère-t-il éviter de trop se compromettre en signant un texte qui fait une sélection honteuse des catégories de résidants qui devraient s'installer dans le Vieux-Québec? 
Notre vision du développement du Vieux-Québec est généreuse et inclusive, elle favorise la mixité et la venue dans le quartier de nouveaux habitants quels qu'ils soient et ne fait pas de discrimination entre les gens qui vivent seuls, en couple ou famille. Notre vision prône un Vieux-Québec hétérogène et ouvert sur le monde et j'en suis très fière.
Julie Lemieux, conseillère municipale et vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Québec