Les auteurs souhaitent entre autres une étude de faisabilité pour la construction d’un troisième lien à un kilomètre en amont du pont Pierre-Laporte, soit un pont à deux voies, où seules les autobus électriques y circuleraient.

Pour un transport en commun moderne, rapide et attirant

Quoi que l’on pense, quoi que l’on dise il y aura, dans une ville de l’importance de Québec, toujours trop d’automobiles pour répondre à la qualité de vie souhaitée par la population. Il ne faudrait tout de même pas que nos autorités compétentes se rendent complices de cette tendance nord-américaine mais misent plutôt sur un réseau de transport collectif innovant. Afin d’y remédier nous faisons la proposition suivante à deux volets:

1-Entreprendre dans les délais les meilleurs, une étude de faisabilité pour la construction d’un troisième lien à un kilomètre en amont du pont Pierre-Laporte, soit un pont à deux voies, une sud-nord et l’autre nord-sud où seules les autobus électriques y circuleraient, les deux voies seraient séparées par des végétaux et l’éclairage par des panneaux solaires. Une piste cyclable serait intégrée à cette structure. Le nom de ce pont pourrait être celui de «pont vert» réservé uniquement au transport collectif.

2- Entreprendre dans les délais les meilleurs, une étude de faisabilité pour le creusage d’un tunnel à partir de la rive de Québec et rejoindre un Service Rapide par Bus (SRB) ou un équivalent du Boulevard Charest. La première phase (2020 -2026) appelée ligne verte pourrait avoir huit stations, incluant une sortie près de la station Université Laval-Résidences donnant l’accès en surface sur le Boulevard René-Lévesque, permettant ainsi à des autobus de poursuivre leur circuit: Chemin Sainte-Foy via Avenue Myrand, Boulevard René-Lévesque et Boulevard Laurier. Une seconde phase permettra l’ajout d’une ligne bleue (2030 - 2038) incluant six stations. Nous suggérons que cette ligne suive un trajet similaire à celui du Boulevard René–Lévesque en partant de la station Université Laval-Résidences en direction de Place D’Youville pour finalement rejoindre le SRB ou un équivalent du Boulevard Charest. Seules les entreprises propriétaires d’autobus pourraient utiliser ces voies souterraines rapides. 

Nous sommes entièrement d’accord avec l’Ordre des urbanistes qui considère incontournable la Haute-Ville. Celui-ci invite la Capitale à investir en priorité «au coeur des quartiers les plus denses en population (…) et où l’on devrait normalement y mesurer les plus forts taux de déplacement».

Quant au transport collectif dans la Basse-Ville, l’excellente étude comparative des différentes options de tracés menée par la Ville a permis de bien en cerner les multiples facettes; le boulevard Charest étant l’artère le plus intéressant pour le SRB ou un équivalent. En Haute-Ville un transport en commun, efficace, rapide doit obligatoirement passer par des voies souterraines. C’est d’ailleurs un terrain d’accueil approprié pour creuser un tunnel étant formé de roches sédimentaires des Appalaches et nom de shale gazier des Basses-Terres du Saint-Laurent ou de roches granitiques du Bouclier canadien.

Justification:

Les consultations publiques, sur le transport collectif, ont fait l’objet d’une kyrielle de suggestions. Toutefois c’est le choix entre le tramway et le métro qui retient le plus l’attention. Considérant la configuration de notre Capitale, la Haute-Ville et la Basse-Ville, une troisième option devrait s’ajouter, celle de l’autobus électrique qui a une flexibilité beaucoup plus grande que le tramway et le métro de circuler aussi bien dans un tunnel qu’en surface. De plus notre projet ne limite pas, comme c’est le cas pour le métro et le tramway, à une seule entreprise de transport collectif l’utilisation des voies rapides. Au contraire, il sera loisible aux autocars des deux pôles urbains nord et sud de leurs banlieues et aux véhicules touristiques de les emprunter pour ainsi offrir une gamme beaucoup plus complète et rapide. 

Décision:

Nous espérons que les autorités compétentes confieront aux experts le soin de procéder à une étude de faisabilité, pour ce troisième choix, similaire à celles qui seront entreprises pour le tramway et le métro.

Il y a urgence pour la grande région de Québec de se doter d’un transport en commun moderne, rapide, attirant et impeccable pour que les automobilistes soient de plus en plus nombreux à troquer leur auto pour l’autocar. Notre Capitale se doit d’être visionnaire. Posons franchement et simplement le problème; décider entre un grand projet, un choix garantissant l’avenir ou choisir un projet ponctuel sans vision pour les générations futures. Les coûts en seront bien différents, mais la réussite le sera encore d’avantage. Les gouvernements provincial et municipal ne sont pas à la recherche de réponses mais à la recherche de solutions réalistes assurant aux usagers les qualités optimales d’un transport collectif. Voilà pourquoi nous proposons une étude de faisabilité pour un pont vert et des voies souterraines rapides. Osons! Allons-y! On est capable!

Lucien Huot, Doyen de la Faculté des sciences et de génie de l’Université Laval (1977 - 1985)

Jean-Louis Lavoie, Vice-doyen de la Faculté des Sciences et de génie (1989-1993)

Robert Ledoux, Directeur du Département de géologie et génie géologique (1971-1977)