Les auteurs de cette lettre appuient publiquement l’administration Lehouillier dans sa volonté de récupérer la totalité des 30 $ perçus pour le transport en commun lors du renouvellement des immatriculations des véhicules de promenade.

Pour financer le transport à Lévis

Dans toutes les grandes villes du Québec, la mobilité et l’accessibilité du transport en commun influencent plus que jamais le développement économique et la qualité de vie des citoyens. Cela est d’autant plus vrai à Lévis, la ville qui a connu la plus forte croissance des grandes villes du Québec et qui conséquemment est aux prises avec une rareté inégalée de main-d’œuvre.

Nous en sommes convaincus d’expérience : toute réduction de services de la Société de transport de Lévis (STLévis), ne serait-ce que mineure, se traduirait par une baisse de productivité, des pertes financières et des difficultés accrues de recrutement pour les employeurs.

Pour les établissements d’enseignement, l’enjeu est crucial. Les services de la STLévis permettent de faciliter le déplacement des élèves et leur participation à diverses activités. Pour le Cégep de Lévis-Lauzon, le transport en commun a une incidence directe sur le recrutement de nouveaux étudiants.

Il en va de même pour les employés du Mouvement Desjardins, premier employeur privé de la région, et pour le réseau de la santé et des services sociaux dans la région de la Chaudière-Appalaches. Des services de transport en commun fréquents et accessibles facilitent l’accès aux services et permettent au personnel de se rendre au travail en réduisant l’engorgement du réseau routier.

Ainsi, au moment où le maintien de l’offre de service de la STLévis est plus que jamais menacé, en raison de la répartition de la contribution issue du Fonds d’immatriculation, nous demandons au ministère des Transports du Québec (MTQ) de reconsidérer sa position.

Rappelons les faits : chaque année, les automobilistes de Lévis versent 30 $ pour le transport en commun à même leurs droits d’immatriculation. Sur cette somme, seulement la moitié est investie à Lévis.

Au final, Lévis se trouve donc privée de revenus annuels de 1,3 million $. Elle est la seule Ville de sa taille à subir une telle injustice. Chaque dollar payé par les citoyens de Sherbrooke, de Trois-Rivières ou de Saguenay est investi au profit de leur société de transport respective.

Le ministère des Transports a lui-même reconnu ce traitement inapproprié en versant, de 2009 à 2014, une compensation partielle de 1 million $ par année à la STLévis. Or, le MTQ a abandonné Lévis à son sort depuis trois ans en ne versant plus cette compensation.

Récemment, nous apprenions les conséquences appréhendées de ce désengagement du gouvernement. Si rien n’est fait avant le 31 mars prochain, la STLévis n’aura d’autre choix que d’imposer une importante hausse tarifaire à ses usagers, l’été prochain, ou de réduire ses services de manière draconienne

Nous nous réjouissons de la vision forte que le gouvernement du Québec a esquissée en matière de mobilité durable. Une vision qui témoigne du leadership reconnu du Québec en matière de lutte aux changements climatiques. Nous demandons au ministre des Transports, André Fortin, et à la ministre responsable de la région de la Chaudière-Appalaches, Dominique Vien, de traduire cette vision en un geste concret et équitable en faveur du transport collectif à Lévis, la septième ville la plus populeuse au Québec.

Comme les citoyens des huit autres grandes villes du Québec, les Lévisiens et les Lévisiennes doivent pouvoir disposer d’un système de transport en commun fiable, fréquent, abordable, accessible, équitable, sécuritaire et compatible avec la politique de développement durable du gouvernement du Québec.

Comme les milliers d’employés, de clients et d’usagers qui fréquentent nos entreprises et nos établissements, nous croyons que le gouvernement du Québec accordera l’appui dont la STLévis a besoin. C’est le développement de nos institutions et la croissance de nos entreprises qui sont en jeu.

Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins

Jacques Alain, président directeur général chez Teknion Roy & Breton

Stéphane Thériault, vice-président exécutif et directeur général de la Chambre de commerce de Lévis

Daniel Paré, président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches

Jean-Pierre Ouellet, recteur à l’Université du Québec à Rimouski

Isabelle Fortier, directrice générale du Cégep Lévis-Lauzon

David Lehoux, directeur général du Collège de Lévis

Jimmy-Éric Talbot, directeur général du Juvénat Notre-Dame

Robin Bernier, directeur général de l’École Marcelle-Mallet