La rouille sur le pont de Québec

Pont de Québec: une offre qu'on ne peut refuser

Calcutta 1993. Je suis l'un des rares étrangers parmi un groupe d'Indiens de classe moyenne qui effectuent un tour de ville dans un très modeste autobus au royaume de Mère Teresa. En arrivant sur le Howrah Bridge, un pont en cantilever de 700 mètres de longueur qui traverse le fleuve Hooghly, le guide souligne que c'est le 2e plus long au monde. Et il ajoute, à ma stupéfaction : «The longest is in Québec city, Canada.»
Calcutta 1993. Je suis l'un des rares étrangers parmi un groupe d'Indiens de classe moyenne qui effectuent un tour de ville dans un très modeste autobus au royaume de Mère Teresa. En arrivant sur le Howrah Bridge, un pont en cantilever de 700 mètres de longueur qui traverse le fleuve Hooghly, le guide souligne que c'est le 2e plus long au monde. Et il ajoute, à ma stupéfaction : «The longest is in Québec city, Canada
Depuis sa construction, en 1917, la huitième merveille du monde, figure emblématique de la ville avec Bonhomme et le Château, ne nous a jamais appartenu. L'offre que vient de faire le CN au gouvernement du Québec ne peut tout simplement pas être refusée.
200 millions $ pour le peinturer? C'est moins que les 300 millions $ que le gouvernement québécois va dépenser pour retaper le Pont Mercier. On parle de 15 ans, soit une moyenne 14 millions $ par année, sur un budget de plus de 4 milliards $ consacré annuellement à l'entretien des routes, ponts, viaducs et tunnels au Québec. Sans parler des 5 milliards $ que vient d'allonger Ottawa pour les infrastructures et qui pourrait être mis à contribution pour se faire pardonner d'avoir abandonné le Pont à Bill Gates.
La somme pourrait être coupée par trois en embauchant des étudiants à 15 $ l'heure. Et en domptant le zèle des écolos - responsables en partie de la honte actuelle - qui ont bousillé le budget prévu à l'époque en exigeant des toiles sous le pont.
À la limite, on pourrait charger un dollar aux automobilistes, ce qui rapporterait, à 35 000 $ par jour, plus de 12 millions $ par année. On pourrait faire des produits dérivés du plus long pont en cantilever au monde, des t-shirts, verres, épinglettes, cendriers, porte-clés, etc.
La Commission de la Capitale nationale pourrait en gérer l'exploitation en aménageant :
- une piste cyclable sur le trottoir actuel;
- un escalier permettant d'escalader le Pont, comme à Sydney, à 150 $ la visite;
- une plate-forte pour faire du bungie à 100 $ le saut;
- un petit musée relatant l'histoire du Pont au quai des Cageux;
- un éclairage de qualité qu'on pourrait admirer le long de la Promenade Champlain, les soirs d'été, en sirotant une bière sur une terrasse.
M. Couillard, dites oui à l'offre de Bill Gates. Comme vous l'aviez fait au référendum de 1980... Mais ça, c'est une autre histoire.
Jacques Noël, sociologue
Québec