Plus de navires et moins de péréquation

Est-il besoin de mentionner à nouveau, que le chantier maritime de Lévis est le plus grand au Canada, que ses installations sont l’addition de celles des Irving d’Halifax et de Sea Span de Vancouver réunies et que la Davie et ses travailleurs ont eu la mention de meilleur chantier en Amérique du Nord en 2015?

Et comme il est situé à l’intérieur du Canada, il est certainement le moins vulnérable en cas de guerre. On y construit d’ailleurs des navires de guerre pour le Canada, 100 milliards $ de contrats pour Irving et Sea Span, et moins de 1% pour la Davie.

Il y en a pour dire: le Québec recevra 11 milliards $ de péréquation pour 2018. On peut leur répondre: cette fameuse péréquation, en quoi elle sera utile pour les travailleurs de la Davie, de la société elle-même et pour la grande région de Lévis? Et j’ajouterai qu’un chantier maritime c’est aussi fragile qu’un service ambulancier, le patient peut s’arrêter de respirer si on ne lui donne pas d’oxygène, des contrats. Surtout que les concurrents de la Davie en ont plein les bras, que les retards s’accumulent et que les prix explosent.

Que l’on soit libéral, caquiste, péquiste ou solidaire, même fédéraliste, indépendantiste, nationaliste, bloquiste, nouveau parti démocratique, parti vert ou conservateur, ce déséquilibre en matière de politiques et d’investissements fédéraux structurants pour le Québec, ce sont des Québécois et Québécoises qui assument la facture. Ne parlez pas de péréquation, parce que c’est l’argent d’autres Canadiens qui ne devrait pas être gaspillé à entretenir délibérément le Québec dans la situation de quémander, alors que nous faisons travailler nos compétiteurs.

Est-ce que le premier ministre Trudeau aurait dû se rendre à Lévis pour expliquer en quoi sa politique actuelle sur la construction navale est la seule qui puisse rencontrer les objectifs stratégiques que son gouvernement s’est donnés, et comment expliquer que le Québec est la province qui a fait la plus importante rationalisation dans ses chantiers maritimes pour finir par être étrangler par ceux «Marc Lalonde» qui avait spécifiquement fait cette demande au Québec «Faite une rationalisation et vous aurez votre juste part des contrats de construction navale».

Je termine en vous traçant le portrait de la recherche fédérale intra-muros, parce qu’elle est dans la même orientation que celle de la construction navale. Il y a 37 labos fédéraux de recherche intra-muros. Ottawa/Gatineau sont les villes sœurs de la CCN, Commission de la Capitale nationale, et pourtant, les 37 labos ont tous été installés à Ottawa, avec des budgets qui dépassent les 25 à 30 milliards $ annuels, financés en partie par le Québec, où même nos jeunes universitaires brillants vont s’exiler à Ottawa pour servir davantage à l’Ontario qu’au Québec, parce que la R & D sert très bien ceux et celles qui la font, alors que nous finançons Ottawa par le biais de nos universités qui devient un pourvoyeur de talents aux labos fédéraux d’Ottawa.

Si vous croyez que les politiques actuelles telles qu’appliquées par le gouvernement du Canada sont profitables au Québec, oubliez mon intervention. Par ailleurs, le Québec qui a déjà innové par un modèle économique différent, je pense au Mouvement Desjardins et Fonds FTQ et CSN, nous devrons collaborer sérieusement pour essayer de ne pas voir la disparition d’entreprises comme celle de la Davie à Lévis.

Ce qui m’a surpris, c’est l’absence totale de sensibilité du PM Trudeau pour le sort des travailleurs du meilleur chantier maritime au Canada.

Bonne Année 2018

André Mainguy, Longueuil