«À titre de suggestions, pour ne pas les oublier, je suggère au Gouvernement du Québec et à la ville de Montréal d’ériger deux monuments, l’un à Québec devant l’Assemblée nationale et l’autre à Montréal en aménageant une place publique dédiée à cette tragédie», suggère Jean Baillargeon. 
«À titre de suggestions, pour ne pas les oublier, je suggère au Gouvernement du Québec et à la ville de Montréal d’ériger deux monuments, l’un à Québec devant l’Assemblée nationale et l’autre à Montréal en aménageant une place publique dédiée à cette tragédie», suggère Jean Baillargeon. 

Plus de 5000 morts, le temps de commémorer notre deuil collectif

POINT DE VUE / En l’espace de 90 jours, le Québec compte maintenant plus de 5000 morts foudroyés par le virus COVID 19. Parties trop vite, des centaines de familles n’ont pu rendre un dernier hommage à leur défunt, dont plus de 90% sont décédés dans une résidence de personnes âgées, principalement en CHSLD et surtout dans la grande région de Montréal, épicentre de la contamination au Canada. Je constate que nous sommes collectivement impuissants face à cette tragédie qui mérite un temps d’arrêt et de réflexion en hommage à nos bâtisseurs qui ont succombé à la pandémie. Pourquoi ne pas créer dès maintenant un groupe de réflexion permettant la commémoration de ce deuil collectif pour que les générations futures se souviennent de ceux et celles qui sont partis sans un au revoir ni hommages décents? 

À titre de suggestions, pour ne pas les oublier, je suggère au Gouvernement du Québec et à la ville de Montréal d’ériger deux monuments, l’un à Québec devant l’Assemblée nationale et l’autre à Montréal en aménageant une place publique dédiée à cette tragédie. À l’instar des 3000 victimes de l’attentat du World Trade Center à New York, nous pourrions ériger un mur avec le nom de toutes les victimes, y compris les personnes qui ont été contaminées par le virus en travaillant dans les CHSLD auprès des personnes décédées.

Une collecte de fonds pourrait permettre le financement de ces monuments en hommage à ceux et celles qui sont partis souvent dans des conditions difficiles, laissés à eux-mêmes sans soins minimaux. Les gouvernements du Québec et du Canada pourraient également décréter une journée de deuil national pour toutes les victimes de la COVID-19. Cette journée de commémoration pourrait aussi impliquer l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM), afin que chacune d’entre elles rappelle à leurs concitoyens ceux qui ont souffert du confinement en perdant un proche. 

Ainsi, lors de cette journée de deuil national, les drapeaux des municipalités, celui du Québec et du Canada seraient en berne, accompagnée d’une cérémonie officielle comme celle du jour du Souvenir qui rend hommage aux soldats tombés lors de conflits mondiaux. Les forces armées canadiennes pourraient également y participer, compte tenu de leur exceptionnelle contribution dans les CHSLD infestés par le virus meurtrier.

La commémoration du deuil collectif représente le début de la guérison, la nation québécoise et la nation canadienne ont souffert de la période de pandémie, qui est loin d’être terminée. Sortons de notre isolement et de notre confinement en rendant hommage à ceux et celles qui ont laissé une partie d’eux-mêmes dans cette tragédie humaine, soit en y laissant une partie de leur santé, soit en sauvant des vies ou soient en commémorant la perte d’un proche. « Je me souviens », la devise du Québec est devenue incontournable pour la commémoration de cette période qui marquera à jamais l’histoire du Québec et du Canada.