Le ministre des Transports, André Fortin

Plaques personnalisées: où s'en va-t-on?

Les Québécois pourront acheter une plaque d’immatriculation personnalisée à compter de la fin de juillet. Qu’y fera-t-on inscrire? Des noms communs ou propres étrangers? Des mots joualisants, vulgaires ou franglais? La réglementation ne précise rien à cet égard.

L’État doit-il intervenir ou laisser les automobilistes inscrire tout et n’importe quoi? Dans une société mieux structurée, moins soumise à l’influence quasi monopolistique du voisinage, dans une communauté plus sensible à la qualité de la langue, sur un territoire où la langue commune serait la langue recherchée et rentable, idéalisée si l’on veut, les règles de l’État seraient d’importance secondaire.

Il est aussi possible que de telles règles ne soient pas de la compétence de l’État québécois, mais plutôt des locuteurs eux-mêmes. Le droit de parler comme on veut, ou comme on peut, relève de chacun. Cependant, l’État peut intervenir et encourager les citoyens à bien parler et à bien écrire, il peut leur en faciliter la tâche, il peut les sensibiliser à la qualité de la langue.

Dans l’état actuel des choses, il faut craindre que le laisser-faire donne de mauvais résultats. Les Québécois ne privilégient pas le français, ils ont souvent de la difficulté à former des mots nouveaux qui respectent les pratiques de leur langue, ils peinent à imaginer des néologismes intégrables à court terme.

En somme, il serait de mise que le gouvernement et la SAAQ sensibilisent la population à l’exigence de la bonne tenue de la langue des plaques minéralogiques annoncées.

Gaston Bernier, secrétaire général de l’Asulf, Québec