L’auteure a bon espoir que l’arrivée du ministre Christian Dubé aux commandes du ministère de la Santé et des Services sociaux assure la livraison des résultats tangibles.
L’auteure a bon espoir que l’arrivée du ministre Christian Dubé aux commandes du ministère de la Santé et des Services sociaux assure la livraison des résultats tangibles.

Plan d’action sous le signe de l’imputabilité

Nicole Lévesque
Nicole Lévesque
Spécialiste en analyse et développement des organisations publiques
POINT DE VUE / Pour l’heure, la pandémie liée à la COVID-19 perdure et la Santé publique demeure aux aguets dans l’éventualité d’une seconde vague. Bienvenue alors aux récentes mesures annoncées dans le plan d’action du nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Christian Dubé.

Sont inscrits dans ce plan neuf engagements qui concrétisent les priorités à privilégier en fonction des ressources disponibles. Un plan qui engagera au moins 106 M$ en santé publique, notamment, pour acquérir les ressources matérielles qui ont cruellement fait défaut dès le début de la pandémie au Québec, en mars dernier. Aussi, pour embaucher des ressources humaines, dont un gestionnaire responsable pour chacun des CHSLD. À moins que le ministre puisse redéployer des gestionnaires déjà en emploi dans le réseau, considérant le taux d’encadrement qui prévaut.

Un tel plan devra nécessairement être assujetti à la reddition de comptes, afin de vérifier l’atteinte des objectifs et assurer l’information aux citoyens sur l’état d’avancement des travaux et des résultats obtenus.

Dans cette perspective où l’imputabilité prend tout son sens, saluons d’autant l’arrivée du ministre Dubé aux commandes du MSSS pour assurer la livraison des résultats tangibles attendus par la population. Et surtout, pour faire en sorte que cette dernière puisse suivre l’évolution de la qualité des services qui lui sont offerts et obtenir les données factuelles et crédibles. M. Dubé s’est d’ailleurs dit convaincu que la mise en place d’un système d’évaluation entraînera des changements importants au sein de la fonction publique. Soit!

À cet égard, rappelons qu’en février 2020, alors qu’il était encore ministre responsable de l’Administration publique et président du Conseil du trésor, c’est du même souffle qu’il partageait son point de vue au Soleil sur les offres innovantes et responsables adressées aux représentants syndicaux, tout en considérant les priorités de la population en santé et sa capacité à payer. «Le gouvernement a été élu pour faire des changements qui répondent aux priorités des Québécois», affirmait-il.

Cela étant, chaque sous-ministre est responsable avec son ministre de leurs orientations et objectifs conformément à la Loi sur l’administration publique, centrée sur l’atteinte des résultats attendus. Une loi qui vise principalement à garantir le respect du contrat social où les Québécois paient des taxes et des impôts, en échange desquels l’État leur assure qu’il va bien gérer les fonds publics.

C’est également dans cette même perspective que depuis 2018, le magazine L’actualité publie le «Bulletin des ministères», ce qui correspond, ni plus ni moins, à leur bulletin respectif de rendement. Pour 2016-2017, à l’instar des résultats relativement décevants observés dans d’autres ministères, l’atteinte des cibles du MSSS était établie à 34 %. Dès lors, les auteurs du bulletin, Alec Castonguay (analyste politique) et Marc-Nicolas Kobrynsky (expert en gestion), affirmaient : «Avec de tels chiffres, une équipe de direction serait virée au grand complet dans le privé».

Qui plus est, Pierre Arcand, le prédécesseur de M. Dubé au Conseil du trésor, avait déjà confié au retour d’une visite à Londres, qu’il avait été soufflé par l’efficacité de la fonction publique britannique. Par exemple, dès qu’un hôpital rate sa cible d’un temps d’attente maximal de quatre heures aux urgences, les administrateurs doivent s’expliquer au ministre de la Santé. «Ils sont très concentrés sur les résultats. On peut s’en inspirer», disait-il.

Ce n’est sans doute pas par hasard non plus que le ministre de la Santé vient d’annoncer que la Commissaire à la santé fera enquête pour analyser les enjeux liés à la gestion du système de santé «qui ont fait obstacle à une gestion efficace des risques associés à la COVID-19, en particulier les soins aux aînés».

Conséquemment, il importe que l’ensemble de la population québécoise soit tenue informée par le biais de données simplifiées, accessibles et transparentes. Et ce, au moyen d’un outil de suivi, en ligne par exemple, permettant à tous les citoyens québécois payeurs de suivre les résultats et d’exprimer leur appréciation. Un objectif qui devrait se réaliser rapidement, puisque vraisemblablement, le gouvernement a nommé en mars dernier Marc-Nicolas Kobrynsky sous-ministre adjoint à la nouvelle Direction générale de l’analyse stratégique et de l’appui à la décision gouvernementale au MSSS.

Notre «éléphant blanc» prend encore un peu de poids! Pour une bonne cause, espérons-le.

Enfin, un premier pas dans la bonne direction, s’il en est, sous le signe de l’imputabilité des responsables en matière de santé publique!