Piétons : des chiffres problématiques

POINT DE VUE / En réaction à l’article, «Piétons : deux villes, deux façons de traverser», paru le 24 octobre.

C’est avec beaucoup d’intérêt que le Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ) a lu l’article «Les piétons de Montréal et de Québec ne traversent pas la rue de la même manière». L’article souligne avec beaucoup de pertinence l’insécurité que peuvent vivre les piétons lorsque ceux-ci entrent en interaction avec des automobilistes. Ajoutons que les pourcentages sont plutôt inquiétants, parlant de 13 % pour les piétons de la ville de Québec et 35 % pour la ville de Montréal.

Nous souhaitons profiter de cet article pour souligner à quel point ces chiffres sont problématiques. Pensons que certains de ces piétons sont en situation de handicap visuel et tentons d’imaginer le degré d’insécurité que ceux-ci peuvent vivre lorsqu’ils traversent une intersection. Rajoutons qu’en plus des automobiles à essence aux intersections, les piétons aveugles et malvoyants doivent aussi composer avec plusieurs autres dangers qu’ils ne peuvent ni voir ni entendre, tels que les cyclistes, les aides à la mobilité motorisées (AMM), les voitures électriques et les nouvelles trottinettes électriques qui commencent à envahir les trottoirs de Montréal.

Une solution simple existe pour sécuriser les intersections avec des feux rouges : les feux pour piétons équipés de signaux sonores. C’est une méthode simple et efficace pour assurer la sûreté des personnes aveugles et malvoyantes qui souhaitent traverser une intersection, et ce, peu importe le type de programmation, des feux rouges. Malheureusement, l’installation de signaux sonores est extrêmement lente, voire inexistante, dans la plupart des municipalités du Québec, malgré les recommandations faites par des spécialistes en orientation et mobilité du réseau de la Santé. Il faut que la situation change.

Terminons en mentionnant que nous saluons la volonté du ministère des Transports du Québec (MTQ) de financer des recherches sur les déplacements piétonniers. Nous les encourageons à inclure la sécurité des personnes en situation de handicap dans leurs futures études.