Pierre Asselin

Pierre Asselin, un phare

Je veux aujourd’hui signaler le départ d’un grand journaliste et d’un formidable éditorialiste qui a quitté les pages du Soleil la semaine dernière.

J’ai rencontré Pierre Asselin au début des années 2000, alors que je travaillais au ministère de la Culture. Pierre rédigeait un article sur les Nouvelles Casernes et leur triste état de décrépitude. Nous nous sommes de nouveau croisés lors de la présentation du projet de loi qui allait encadrer le monastère des Augustines. Puis, je l’ai relancé lors de l’annonce du projet éléphantesque de nouvel hôpital dans le Vieux-Québec.

À l’époque, j’ai alerté Pierre Asselin pour lui faire état de la catastrophe appréhendée, tant sur le plan de l’intégration architecturale que du non-sens urbanistique d’un tel projet dans un quartier faisant partie du patrimoine mondial. Il m’a questionné et écouté avant d’approfondir lui-même le dossier. Les pages de reportages qu’il a signées par la suite témoignaient des recherches qu’il avait faites. S’appuyant sur des données et des exemples québécois aussi bien qu’internationaux, il a démontré hors de tout doute l’impossibilité d’intégrer un tel monstre dans l’arrondissement historique. Son travail d’enquête était remarquable et sa vision large alors qu’il abordait aussi les nouvelles façons de concevoir un hôpital ou les relations entre l’hôpital et les liens autoroutiers. Je ne doute pas que ses textes aient influencé les décideurs politiques qui ont fini par opter pour une solution plus raisonnable. Le site patrimonial du Vieux-Québec doit une fière chandelle à Pierre Asselin.

Je suis devenu un fidèle lecteur de ses éditoriaux dont les propos pondérés, réfléchis et sans effets de toge nous permettaient de réfléchir à l’avenir de la planète. Lire Pierre Asselin permettait toujours de hisser la réflexion à un niveau supérieur.

Quelque chose me dit que nous nous croiserons chez son vieil ami l’artisan Conrad Lapointe à l’île d’Orléans où nous pourrons discuter des causes perdues, mais surtout de celles à gagner.

Merci Pierre Asselin d’avoir si bien servi ce rôle de journaliste indispensable à notre société et d’avoir insufflé une telle qualité de réflexion au Soleil.

Pierre Lahoud, Historien et photographe