Personnes handicapées: le Québec recule... en catimini

La semaine dernière, le gouvernement du Québec - par le biais du site Internet de l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) - a publié quatre rapports particulièrement alarmistes sur la qualité des services rendus aux personnes handicapées.
Presque aucun reportage ou article n'ont été consacrés à la mise en ligne en catimini de ces rapports, après la fin de la session parlementaire, malgré leur teneur très critique du gouvernement et les constats inquiétants qui y sont dressés. 
Adoptée en 2009, la politique À part entière visait un «véritable exercice du droit à l'égalité» dans toutes les sphères de la vie des personnes handicapées. Près de huit ans après la présentation de la politique par le gouvernement du Québec, les rapports publiés cette semaine visaient à établir une première analyse de son application, et portaient spécifiquement sur les activités permettant de se maintenir à domicile grâce à des services adaptés, aux déplacements des personnes handicapées, aux communications gouvernementales, à la culture et à l'accès aux espaces publics. 
Sans surprise pour les groupes de défense de droits et pour les personnes handicapées et leur famille, sur tous les sujets à l'étude, les conclusions de l'OPHQ sont sans appel : non seulement il n'y a pas eu d'avancées significatives, mais le Québec fait face à d'importants reculs dans certains cas. Il est plus que temps que les personnes handicapées, leurs proches et le personnel du réseau de la santé et des services sociaux soient pris au sérieux et respectés par le gouvernement. 
Il est plus que temps que les partis d'opposition soient plus proactifs par rapport aux coupes et aux compressions dans les services. 
Il est également plus que temps que le Québec de 2017 cesse de voir l'inclusion des personnes handicapées comme une composante optionnelle de la vie en société. 
Il est courant de juger une société sur la façon dont elle traite les plus vulnérables. Actuellement, le Québec n'obtiendrait pas la note de passage. Il revient aux différents partis et parlementaires de nous prouver le contraire à l'avenir. 
Roger Duchesneau, président, Association du Québec pour l'intégration sociale