«Dans le monde d’aujourd’hui qui se veut de plus en plus numérisé, personne n’est à l’abri» d’une fraude comme chez Desjardins, écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Personne n’est à l’abri d’un vol d’identité

POINT DE VUE / Le Mouvement Desjardins vient d’être la source d’une immense fuite d’informations concernant l’identité de près de 3 millions de ses clients. Doit-on les blâmer, ont-ils été négligents dans la garde de ces données personnelles? La suite des actions policières et enquêtes nous donnera quelques lumières sur cet état.

Toujours est-il que dans le monde d’aujourd’hui qui se veut de plus en plus numérisé, personne n’est à l’abri d’une telle fraude. D’autant plus que cette dernière semble avoir été initiée de l’intérieur. Il y aura toujours quelqu’un à l’intérieur qui possédera les autorisations requises pour voir et manipuler les données même les plus critiques touchant l’intégrité individuelle d’un citoyen.

Trois millions c’est près du dixième de la population canadienne et plus de 35 % de la population du Québec. Dans ces proportions cette fuite n’est plus seulement la responsabilité de Desjardins. C’est devenu une responsabilité nationale.

Quand vous n’êtes plus certain de l’identité de 35 % de votre population, vous devez penser et trouver un moyen de réinitialiser l’identité de vos citoyens avant que votre population ne s’accroisse tout d’un coup de 10 % pour un et de 35 % pour l’autre de citoyenneté fantôme.

Il faut réviser la façon d’identifier les citoyens après pareille gaffe. Le Canada peut-il se permettre de ne pas être capable de donner une nouvelle identité à 10 % de ses citoyens? Sinon, c’est 25 ans d’incertitude sur l’identité de 10 % de sa population qui l’attend. 35 % des Québécois risquent d’avoir des ennuis d’identité, c’est beaucoup de gens.

Un nouveau numéro d’assurance social devrait être accordé à la victime le plus rapidement possible avant que les fraudeurs n’aient le temps de prendre à leur compte l’identité de tout ce bon monde. Ce n’est pas possible diront les dirigeants; foutaise, je leur réponds. Rien n’est impossible avec de la bonne volonté. Il est possible de refaire une nouvelle identité puisque celle-ci n’est qu’un numéro. C’est réducteur vous me direz, ben oui, des fois il faut réduire. Par la suite, réviser le mode d’identification. Cette fois, sur deux niveaux. Un gouvernemental citoyen et le deuxième pour le domaine public (bancaire, emploi et autres). Seul le gouvernement serait en mesure de faire le lien entre l’identité citoyenne et  l’identité sociale de chaque individu. Il reste toujours qu’à l’interne...