Pénurie de personnel infirmier: l'urgence d'agir

CEDROM-SNI
Actuellement, le réseau de la santé semble aux prises avec l'une de ses pires crises. Pourtant au fil des dernières années, je ne compte plus le nombre de commissions, tables de concertations ou colloques de toutes sortes organisés pour tenter de trouver des solutions durables à la pénurie de personnel infirmier, un dossier chaud depuis plus de 10 ans. Les ordres professionnels, syndicats et partenaires y ont tous participé de bonne foi. De nombreuses recommandations résultant de ces forums ont été présentées au gouvernement en vue de préserver notre système de santé québécois et d'offrir à l'ensemble de la population des soins de qualité. Cependant, il semble que la plupart de celles-ci ne se transforment pas en actions concrètes. Même si le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis en place des mécanismes de consultations pour arriver à trouver des solutions aux problèmes qui affligent actuellement notre système, encore faut-il que les solutions soient implantées pour ne pas considérer comme inutiles les efforts concertés des intervenants.  
Actuellement, le réseau de la santé semble aux prises avec l'une de ses pires crises. Pourtant au fil des dernières années, je ne compte plus le nombre de commissions, tables de concertations ou colloques de toutes sortes organisés pour tenter de trouver des solutions durables à la pénurie de personnel infirmier, un dossier chaud depuis plus de 10 ans. Les ordres professionnels, syndicats et partenaires y ont tous participé de bonne foi. De nombreuses recommandations résultant de ces forums ont été présentées au gouvernement en vue de préserver notre système de santé québécois et d'offrir à l'ensemble de la population des soins de qualité. Cependant, il semble que la plupart de celles-ci ne se transforment pas en actions concrètes. Même si le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a mis en place des mécanismes de consultations pour arriver à trouver des solutions aux problèmes qui affligent actuellement notre système, encore faut-il que les solutions soient implantées pour ne pas considérer comme inutiles les efforts concertés des intervenants.  
Lorsque les acteurs du réseau public ont compris que nous serions bientôt frappés par une pénurie sévère de personnel infirmier, ils ont été incités à utiliser tous les professionnels de la santé au maximum de leurs compétences, incluant les infirmières auxiliaires. Or, s'il est vrai qu'il y a eu une importante amélioration en ce qui a trait à la collaboration entre infirmières et infirmières auxiliaires sur le terrain, elle ne semble pas encore suffisante. En effet, il faut constater la lenteur du réseau de la santé à procéder à une réorganisation efficace du travail et des équipes de soins.
C'est d'ailleurs pourquoi la précarité d'emploi des infirmières auxiliaires demeure criante et est encore plus préoccupante. À ce jour, moins de 40% des infirmières auxiliaires sont titulaires d'un poste à temps complet par rapport à près de 60% chez les infirmières. Et même si, pour la période de 2000 à 2009, le nombre d'infirmières auxiliaires inscrites au tableau de l'Ordre est passé de 16 000 à 21 000, on ne dénote qu'une croissance de 1500 de ces professionnelles au sein du réseau durant cette même période. Il y a donc matière à intensifier l'embauche des infirmières auxiliaires dans le réseau, notamment à l'urgence, là où il y a une nécessité flagrante de personnel infirmier. Par ailleurs, dans un secteur où les besoins sont tout aussi importants, moins de 200 infirmières auxiliaires exercent actuellement en CLSC au soutien à domicile.
Dans le même ordre d'idées, le MSSS a développé et financé un programme de formation pour faciliter l'intégration des infirmières auxiliaires au bloc opératoire, cette mesure s'inscrivant dans l'objectif de réduire les délais d'attente pour certaineschirurgies. Force est de constater que ce programme a eu peu d'effets. Avec une projection de 292 infirmières auxiliaires à former entre 2008 et 2011, seulement 93 avaient complété la formation au 30 septembre 2009 et, de ce nombre, 60 avaient été titularisées dans ce secteur d'activités.
Enfin, nous sommes d'accord pour reconnaître l'immense contribution des professionnels de la santé, surtout dans le contexte difficile que nous connaissons aujourd'hui. Les mesures d'encouragement doivent néanmoins se révéler équitables pour tous. De toute évidence, les infirmières auxiliaires qui exercent dans le réseau, notamment à l'urgence, sont soumises aux mêmes pressions (surcharge de travail et temps supplémentaire obligatoire) que leurs collègues infirmières. Par simple souci d'équité, elles devraient donc recevoir les mêmes primes. Je souhaite également que la rémunération des infirmières auxiliaires fasse l'objet d'une attention particulière dans la négociation qui est présentement en cours entre le MSSS et les syndicats.
Face à l'urgence de la situation, il est nécessaire que le gouvernement agisse rapidement en investissant des sommes supplémentaires pour améliorer la qualité de notre système de santé, et ce, afin de régler la précarité de l'emploi, d'utiliser pleinement chaque ressource en fonction de ses compétences, y compris les infirmières auxiliaires, et d'offrir des conditions de travail attrayantes et une rémunération compétitive. Voilà des solutions que nous devons saisir dans l'action!
Régis Paradis, inf. aux., président de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ)