Pénurie de main-d'oeuvre: et si la solution se trouvait au sein des entreprises

POINT DE VUE / S’il est un fait admis par tous, c’est bien celui concernant la rareté de la main-d’œuvre. Les défis sont multiples pour corriger la situation et il n’y a pas de solution miracle.

Par exemple, bien qu’une immigration économique bien planifiée pourra combler un certain nombre de postes vacants, encore faudra-t-il bien intégrer ces nouveaux travailleurs sur le marché de l’emploi. Alors que plusieurs cherchent des solutions à l’extérieur des entreprises, il se pourrait bien qu’une des clés se trouve à l’intérieur de celles-ci.

Cet enjeu inquiète de nombreux entrepreneurs et dirigeants d’entreprise, qui doivent jongler au quotidien avec les ambitions qu’ils nourrissent pour leur organisation et la réalité terrain où les effectifs ne sont pas suffisamment nombreux pour l’atteinte des objectifs. Dans un monde de plus en plus compétitif où performance et innovation doivent être au rendez-vous, le capital humain est le meilleur investissement qui soit.

Un contexte parlant

Les indicateurs sont sans équivoques: le taux de chômage ne cesse de diminuer depuis les dernières années pour se situer à un niveau historique à 4,8 % en septembre dernier, du jamais vu depuis les années 1970; et le taux de postes vacants est en croissance se situant à 3,8 %, soit presque le double qu’en 2016 alors qu’il était à 2 %. Au total, on compte plus de 140 000 postes à combler au Québec.

Pour les entreprises, ce contexte de rareté de main-d’œuvre implique des difficultés évidentes à attirer et recruter des talents. De plus, selon le Baromètre RH de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, chaque année, un employé sur quatre quitterait son employeur. Or, l’enjeu de la rétention du personnel est définitivement une affaire interne.

Les RH comme levier

Notre expérience, bâtie sur 50 ans de collaboration avec les entreprises, nous démontre que les entrepreneurs et les dirigeants de PME ne sont encore pas suffisamment outillés pour relever les défis inhérents aux ressources humaines, souvent reléguées au deuxième rang des priorités, et à la colonne des dépenses. Il est vrai que ces organisations n’ont pas toutes les moyens d’intégrer un service RH à part entière, mais, aujourd’hui, elles n’ont pas non plus le luxe de se passer des meilleures pratiques, car cela a un impact direct sur leur performance organisationnelle.

Autrement, les entreprises sont susceptibles de tomber dans un cercle vicieux où le manque de ressources affectera leur santé financière, mais aussi la santé globale des travailleurs qui, elle, engendrera des coûts supplémentaires de recrutement et invalidité, ce qui aura un impact sur leur santé financière, etc. Les RH doivent définitivement être considérées comme un levier stratégique qui permettra entre autres de relever le défi de rareté de main-d’œuvre.

L’une des qualités importantes d’un bon entrepreneur et d’un dirigeant d’entreprise est cette capacité de bien s’entourer. Or, compter dans son cercle des professionnels en RH permettra de faciliter la gestion du changement et le développement des compétences, de favoriser la mobilisation du personnel, d’optimiser les processus de gestion – bref, de donner la pleine valeur à son capital humain.