Le ministre du Travail, Jean Boulet

Pénurie de main-d’oeuvre : pour éviter que l’histoire se répète

POINT DE VUE / En réaction à l’article «Main-d’oeuvre : Jean Boulet interpelle les travailleurs plus âgés» paru le 14 mai.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet part actuellement en campagne auprès des personnes retraitées, notamment pour les convaincre de revenir sur le marché du travail afin de résoudre les pénuries de main-d’oeuvre dans plusieurs entreprises. Par ailleurs, il invite les employeurs à améliorer leurs conditions de travail (reconsidérer leur programme de départs volontaires, offrir des mesures incitatives afin de retenir les travailleurs aux portes de la retraite ou de rappeler ceux qui ont quitté, bonifier les horaires de travail, les salaires, etc.).

Est-ce que cette actuelle virée du ministre saura satisfaire toutes les entreprises touchées par autant de perturbations?

Mais encore!

Afin de trouver les solutions adéquates aux problèmes de chaque employeur, le point de départ ne serait-il pas de commencer par produire l’analyse de l’existant, soit d’attaquer le problème en produisant le portrait d’ensemble de la situation qui prévaut? Combien et qui sont exactement ces employeurs? Quelle est la nature de leurs problèmes (insuffisance de travailleurs qualifiés, difficultés de recrutement dans certaines régions ou secteurs de l’économie, ou spécialités ou compétences, etc.)?

Rappelons-nous qu’en 2018, devant les constats du bas taux de chômage au Québec depuis 2006, de la croissance soutenue des entreprises combinées aux départs massifs à la retraite, l’ex-premier ministre Philippe Couillard avait présenté, de concert avec les partenaires du marché du travail, la toute première «Stratégie nationale sur la main-d’oeuvre 2018-2023» comportant 47 mesures et plusieurs initiatives déployées sur une période de cinq ans, pour un investissement gouvernemental de 1,3 milliard $. Où le Québec en est-il à ce chapitre?

Pour éviter que l’histoire se répète, voire de réinventer la roue, peut-être bien qu’il faille accompagner l’initiative de M. Boulet des résultats et d’un suivi de cette récente Stratégie et, d’autre part, d’un dispositif de gestion prévisionnelle de la main-d’oeuvre (GPMO) sur chacun des territoires du Québec, comme cela a été inauguré en Chaudière-Appalaches en 2011. Pour l’essentiel, il s’agit d’une application qui propose aux entreprises qui le désirent de se doter d’outils qui leur donnent accès à des rapports personnalisés leur permettant d’évaluer la vulnérabilité de leurs postes, d’en anticiper les impacts potentiels et d’adopter les plans d’action appropriés à court, moyen et long terme.

Enfin, peut-être bien que les réponses à ces questions se trouvent d’une part dans la GPMO et, d’autre part, au moyen de sondages menés auprès des entreprises et de la population (main-d’oeuvre disponible), offrant du coup un portrait exhaustif de l’ensemble des entreprises par région, de leurs réels besoins et problèmes de main-d’oeuvre, des enjeux et conséquences à considérer et des différents moyens et solutions à prendre pour y remédier.