ll y a de moins en moins de paires de bras pour nourrir, soigner ou laver les aînés. La situation devient critique, déplore l’auteur.

Passons à l’action pour les aînés

POINT DE VUE / Il ne se passe pas une seule journée sans qu’on parle des enjeux qui mettent en danger la qualité des soins offerts aux aînés dans les CHSLD ou les résidences privées pour aînés.

La chroniqueuse Brigitte Breton se questionnait même dans les pages du Soleil il y a deux semaines si 13 $/h était un salaire raisonnable pour les préposés aux bénéficiaires. De toute évidence, la réponse est non.

Pour avoir moi-même accompagné mon père dans les dernières années de sa vie, je sais que le personnel des établissements d’hébergement privés pour aînés fait un travail colossal qui mérite toute notre admiration. Mais ce travail est menacé par des lacunes systémiques qu’il faut reconnaître franchement et régler avant qu’il ne soit trop tard!

Le syndicat des Teamsters, en collaboration avec le Parti québécois et Québec solidaire, a sonné l’alarme le 14 mai dernier à l’Assemblée nationale : les salariés-ées du privé sont à bout de souffle. Il y a de moins en moins de paires de bras pour nourrir, soigner ou laver les aînés. La situation devient critique.

En compagnie de Catherine Dorion et Harold Lebel, nous avons réclamé du gouvernement Legault qu’un décret soit mis en place dans le secteur de l’hébergement privé pour aînés. Un décret permet au gouvernement d’imposer un certain nombre de conditions de travail — comme les salaires par exemple — à une industrie donnée. Rappelons qu’il y a un peu moins d’une vingtaine de décrets dans autant de secteurs d’activité au Québec en ce moment.

Et ça marche.

Un décret pourrait assurer une paix industrielle durable et une compétitivité équitable serait alors établie entre les entreprises concurrentes. En prime, le gouvernement — et les entreprises — retrouverait une plus grande disponibilité de la main-d’œuvre puisque les travailleurs du privé gagneraient le même salaire que ceux dans le public. Bref, il y aurait plus de salariés-ées disponibles pour prendre soin de nos aînés. Une situation gagnante pour tous et toutes.

On pourrait alors s’attaquer au nombre d’heures passées par chacun des travailleurs auprès des résidents puisque les cas sont de plus en plus lourds. Des projets-pilotes ont d’ailleurs fait leurs preuves au cours des dernières années; il ne resterait plus qu’à les transposer dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés.

Notre message au gouvernement est simple : le temps des commissions parlementaires, des discussions interminables entre fonctionnaires et autres consultations d’experts doivent prendre fin. Les problèmes sont connus tout autant que les solutions.

Arrêtons de tourner autour du pot et passons à l’action avant qu’il ne soit trop tard!

*Les Teamsters représentent plus de 1000 travailleurs-euses dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés.