Le ministre des Finances, Carlos Leitão (au centre)

Pas de quoi croire au père Noël

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, pouvait bien bafouiller à la télévision en annonçant la bonne nouvelle (?) de baisses d’impôt de 1,1 milliard $ pour les contribuables.

Il y a de quoi avoir honte pour lui et le premier ministre Philippe Couillard. Comme deux voisins détestables… Imaginez si deux voisins s’acharnaient à essayer de démolir votre maison, que vous tenteriez tant bien que mal de garder debout, et qu’après avoir subi des dommages durant quelques années, ils se présentaient à vous avec un chèque de 100 $. Auriez-vous vraiment envie de sourire et de les remercier? Ou bien plutôt de déménager le plus loin possible de ces tristes individus?

Voilà exactement comment se sont comportés Philippe Couillard et Carlos Leitão depuis l’arrivée au pouvoir des Libéraux en avril 2014. Sans aucun remords, ils n’ont eu de cesse de fragiliser notre «maison commune» en sous-finançant à coups de coupes et compressions majeures de grands pans de nos services publics. Ils ont maintenant le culot d’essayer de nous faire croire qu’ils ont sauvé la demeure…

De vrais visages derrière l’austérité

Messieurs Couillard et Leitão, vous n’avez pas de quoi pavoiser aujourd’hui! J’aimerais vous rappeler qu’il y a des personnes réelles qui ont payé, et paient encore, le prix et les conséquences de ces surplus de plus de 10 milliards $ accumulés depuis trois ans et demi. Je pense notamment à mes collègues de soutien, qui travaillent dans nos cégeps et universités, dont les conditions de travail ont été gravement dégradées par vos mesures d’austérité aveugles. Le personnel de soutien comptait déjà parmi les plus bas salariés du secteur public. Grâce à vous, leurs conditions de travail sont maintenant encore pires. Vous leur avez fait connaître l’insécurité, le stress généré par la surcharge de travail et la précarité, l’épuisement, l’inquiétude face à l’avenir, comme aucun autre gouvernement n’avait su le faire auparavant.

Ce que des baisses d’impôt ne peuvent faire

Vous avez si bien réussi que plusieurs rentrent à la maison pratiquement en larmes après une journée de travail tellement ils ploient sous la tâche, tellement ils ont peur de ne plus pouvoir tenir le coup encore bien longtemps. Pensez-vous vraiment qu’une baisse d’impôt va suffire pour redonner un sens à leur travail? Pour leur faire oublier la surcharge de travail qu’ils vivent chaque jour? Pour leur faire oublier qu’ils ont dû se satisfaire d’un salaire nettement insuffisant pendant que vous engrangiez des milliards de dollars à leur détriment?

Il faut le reconnaître: vous n’avez épargné personne avec votre œuvre de démolition de la maison commune. Toutes les pièces y ont passé : santé et services sociaux, éducation, services de garde, etc. Aujourd’hui, la structure est dans un piètre état, de même que celles et ceux qui y vivent. Sans aucune gêne, vous avez même déménagé aux voisins du privé une partie des meubles. La maison commune est sens dessus dessous. Les courants d’air surgissent de partout, mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Vous avez prévu 185 milliards $ pour boucher les trous les plus apparents en santé et en éducation.

Monsieur Leitão, à l’approche du 25 décembre, vous vous êtes défendu d’essayer de passer pour le père Noël. Je vous rassure, il n’y a pas de quoi croire au père Noël avec le bilan de votre gouvernement.

Anne Dionne, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ)