Pas de cotisations syndicales sur le dos des enfants!

En réaction au point de vue «Ces 40 000 enfants qui nous échappent» de Mme Véronique De Sève, vice-présidente à la CSN, paru le 28 novembre

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Une kyrielle de syndicats et de groupes de pression bien organisés et financés mènent une guérilla médiatique contre les services de garde (SDG) privés en milieu familial. Selon eux, si ces services ne sont pas régis par le projet de loi 143 actuellement sous étude (Loi visant à améliorer la qualité éducative et à favoriser le développement harmonieux des services de garde éducatifs à l’enfance), ce seront alors des endroits où nos enfants sont à risque, tant physiquement, mentalement qu’émotionnellement. 

Ces groupes ont poussé l’audace jusqu’à comparer les exigences de permis des refuges d’animaux à celles des SDG non régis. La députée de Joliette Véronique Hivon, porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, est de mèche. Elle en a remis, insinuant que les SDG privés en milieu familial, s’ils ne sont pas régis par la loi, pourraient tolérer des fumeurs de cannabis. Quoi, les mamans vont fumer du pot devant leurs propres petits? Quel mépris pour toutes les mamans dévouées qui, en plus de garder leurs propres enfants, accueillent ceux des autres chez elles!

Cette attaque médiatique est choquante et pour le moins contre-intuitive pour des organismes qui portent des dossiers tels que l’équité salariale et la condition féminine. Au lieu et place de ces grands idéaux, on dit aux propriétaires de SDG privés : femme, soumets-toi ou sois pauvre!

Les SDG privés en milieu familial ne sont pas des entreprises clandestines. Elles ne sont pas non plus des «usines» à poupons, comme veut nous le faire croire la campagne de désinformation de ces groupes d’intérêt. Au contraire, les SDG privés en milieu familial offrent un environnement stable, car ils ont un roulement de personnel beaucoup plus bas (les mamans ne prennent pas congé et ne font pas la grève!), ce qui leur permet d’offrir une figure d’attachement propice  au développement émotif et psychologique des enfants. De plus, le milieu familial est un choix offert aux parents qui permet beaucoup de flexibilité pour s’adapter à chaque enfant et à chaque parent! Suivre le moule, le carcan rigide imposé par une réglementation lourde et bureaucratique fait fi de l’individualité de chaque petit qui vient passer la journée en garderie.

Ces groupes ne sont peut-être pas aussi motivés qu’ils le laissent croire par l’intérêt des enfants. Des intérêts corporatistes seraient-ils aussi en jeu? Ainsi, un message de la FSSS-CSN parlait-il des cotisations syndicales qui échappent à ce syndicat à cause de la concurrence non syndiquée des SDG privés? Quand on sait que les CPE sont en perte de vitesse par rapport aux services privés et qu’ils le seront encore plus avec la maternelle à quatre ans, on ne s’étonne pas que les syndicats cherchent à donner un croc-en-jambe à la concurrence!

Voilà pourquoi j’ai récemment écrit au ministre de la Famille Luc Fortin pour l’exhorter à faire la sourde oreille à ces groupes de pression. M. Fortin doit d’abord et avant tout tenir compte de l’intérêt des enfants et des parents et il doit s’assurer que le projet de loi 143 ne mette pas en péril ces centaines de PME québécoises féminines sur lesquelles comptent près de 40 000 enfants et leurs parents.

Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec