La Caisse de dépôt et placement du Québec a été la cible des parlementaires de l'opposition en raison de ses investissements dans des entreprises ayant recours à des paradis fiscaux, parce qu'ils sont passés de 14,8 milliards en 2013 à 26,2 milliards en 2016, soit près du double.

Paradis fiscaux: donnez suite au rapport de la CFP

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) salue les recommandations adoptées par les membres de la Commission des finances publiques (CFP) dans le Rapport sur le phénomène du recours aux paradis fiscaux déposé le 5 avril à l'Assemblée nationale. La balle est maintenant dans les mains du gouvernement qui doit y donner suite.
Le ministère des Finances du Québec estime à 800 millions $ par an les pertes fiscales enregistrées par l'État québécois en raison des paradis fiscaux. Le SPGQ ne peut donc que saluer la mise en place de ressources humaines, financières et matérielles additionnelles nécessaires à Revenu Québec pour renforcer ses vérifications.
Le SPGQ se réjouit de la recommandation touchant l'adoption d'une loi visant à protéger et éventuellement récompenser les lanceurs d'alerte qui permettront de déceler l'évasion fiscale ou l'évitement fiscal abusif d'un montant égal ou supérieur à un seuil à déterminer.
Dans la foulée de la commission Charbonneau, le gouvernement du Québec a mis en place un certain nombre de mesures pour rectifier la situation pour endiguer la collusion et la corruption. Cependant, il lui reste, entre autres, à se doter d'un instrument législatif complet et solide de protection des divulgateurs.
Rappelons que selon l'OCDE, le risque de corruption augmente significativement dans les environnements où le signalement de méfaits n'est pas encouragé ou protégé. Nous le disons depuis longtemps, le gouvernement devrait envisager la possibilité d'octroyer aux divulgateurs un pourcentage des sommes récupérées, similaire à ce qui se fait aux États-Unis. 
Le SPGQ suivra avec intérêt la mise en place des recommandations contenues dans le Rapport sur le phénomène du recours aux paradis fiscaux. Ses membres s'attendent à plus qu'à un simple florilège de bonnes intentions. Le plus récent budget, par exemple, prévoyait l'ajout d'un budget spécifique au Protecteur du citoyen afin qu'il puisse protéger les divulgateurs d'actes répréhensibles. Cependant, avec un budget de 1,5 million $, alors que celui du Bureau de l'inspecteur général de la Ville de Montréal est de 5,5 millions $, c'est nettement insuffisant pour être efficace. Le gouvernement doit donc se donner les moyens de ses ambitions pour éviter un fiasco.
Richard Perron, Président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec