Oui, il y a des candidats bilingues à Québec

En réaction au texte: «Recrutement de la main-d’œuvre dans l’industrie des assurances: l’union fait la force», paru le 28 avril

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C’est avec une profonde déception que j’ai pris connaissance de cet article paru à la page 49 de l’édition du samedi 28 avril du Soleil. Bien que je ne mets pas en doute la sincérité de la personne qui s’est exprimée, à titre de président de la commission scolaire Central Québec, son affirmation me préoccupe beaucoup.

En effet, notre commission scolaire anglophone gradue annuellement de 100 à 200 jeunes, lesquels résident tous dans la région de la capitale nationale et ils sont, pour la plupart, parfaitement bilingues. Je suis également déçu de constater qu’aucune des entreprises concernées dans cet article n’ait cru opportun de visiter nos écoles afin d’y faire connaître cet urgent besoin de main-d’œuvre bilingue, et ce, dans le domaine de l’assurance. Alors que nos jeunes réfléchissent à leur avenir et sont souvent indécis quant à leur choix de carrière, n’est-ce pas là le moment idéal pour les inviter à inclure dans leurs réflexions la possibilité d’une carrière ici même à Québec dans un domaine d’avenir? À ma connaissance, cela ne se fait pas. Il s’ensuit que plusieurs de nos jeunes, bien qu’ils soient bilingues, quittent notre belle ville pour aller là où leurs talents seront davantage recherchés et valorisés.

Les assureurs de la grande région de la capitale nationale auraient intérêt à proposer à nos trois  écoles secondaires des journées d’information suivies de visites de leurs sièges sociaux. Certes, nos étudiants ne choisiront pas tous cette carrière, mais ceux qui la choisiront vous seront de grande utilité.

En terminant, je me permets de lancer une réflexion qui suscitera probablement un débat chez plusieurs. Est-ce que le bilinguisme au Québec ne doit s’appliquer qu’à une personne francophone parlant l’anglais? Ne savez-vous pas que depuis l’adoption de la loi 101, il est devenu coutume pour les gradués du réseau anglophone de maîtriser le français? Sachez qu’à la Commission scolaire Central Québec, une proportion importante de nos jeunes étudient le français langue maternelle et ont des résultats comparables et parfois même supérieurs à ceux des étudiants des écoles francophones aux examens du ministère de l’Éducation! Vous auriez grand intérêt à les rencontrer.

Stephen Burke, président de la commission scolaire Central Québec