Ce sera aux citoyens de Saint-Apollinaire de décider si leur municipalité pourra amorcer le processus de changement de zonage nécessaire à la venue chez eux d'un cimetière musulman.

Oui au cimetière musulman

Si je faisais partie des 62 appollinarois et appollinaroises impliqués, je voterais oui au référendum de dimanche. Puisqu'il y a des cimetières catholiques ou juifs ou autres, il n'y pas de raison qu'il n'y ait pas de cimetières musulmans, et il faut bien qu'ils soient quelque part. Comme les pensionnaires des cimetières sont réputés n'être pas sorteux, ça ne devrait pas trop déranger, et après leurs dévotions, les visiteurs pourront s'arrêter chez Lizon, manger un club sans bacon, ça ne nuira pas à l'économie locale.
Alors je voterais oui, pourquoi pas, même si je trouve franchement stupide que des cimetières soient confessionnels. Je ne crois pas du tout à la spiritualité des vers.
Si, non croyant radical, je n'aurais aucune objection à être enterré au milieu de croyants, j'en ai par contre à être enterré tout court, et je vais plutôt donner mon corps à la science. C'est actuellement la seule utilité que l'on puisse trouver à nos carcasses. Dans les steppes, certaines populations installaient les cadavres sur des tréteaux de manière à ce que les oiseaux puissent s'en sustenter. J'aime beaucoup cette pratique, mais je doute qu'elle soit permise ici.
C'est que, voyez-vous, nous sommes presque 8 milliards d'humains sur terre, et nous allons tous mourir. À une moyenne de 100 kilos par corps, mettons, cela fait 800 milliards de kilos de matière organique dont il faudra disposer à court terme. Et tous ces corps seront remplacés par plus de corps encore, qui mourront à leur tour. À un moment donné, il va falloir se pencher sur la question. La crémation? C'est énergivore et c'est du gaspillage.
Non, il faut trouver une façon de disposer des corps qui soit en accord avec les principes du développement durable. Il faut récupérer, faire du compost, n'importe quoi, mais quelque chose. C'est platte à dire, mais il faut voir ça comme on voit la gestion des déchets. Athées ou croyants, nous sommes tous d'accord: Nous retournerons en poussière de toute façon (à moins de croire à cette absurdité de la résurrection des corps).
Oui, il y avait jadis cette idée de laisser une trace. Mais on est en 2017 ! Ouvrez-vous un compte facebook et votre mémoire sera infiniment mieux assurée qu'en inscrivant votre nom sur une pierre.
Cela dit, en attendant que les mentalités évoluent (si elles ne régressent pas), okay, enterrez-vous entre vous !
Sylvain Meunier, écrivain, Longueuil