Objet: le tour de mes pensées

En réaction à la chronique Une reconnaissance temporaire de Brigitte Breton parue le 2 mai

Je crois que le problème de cette disparité des capacités financières qu’éprouvent les moins bien rémunérés de notre société, vient moins du fait que les entreprises ont besoin d’une marge leur permettent d’être compétitifs, que de celui selon lequel dans notre belle société, on devient plus solidaire seulement le temps que le rond de poêle nous chauffe le fond de culotte, tel qu’actuellement, pour revenir à nos stéréotypes naturels sitôt ce rayonnement atténué.

Si cette situation découlait d’une manifestation de notre authenticité coutumière, l’État n’aurait qu’à augmenter les taxes et les impôts, même au risque de priver des bonnes âmes de leur évasion annuelle dans le sud, et je suis sûr qu’une telle mobilisation sociale ferait en sorte qu’il y aurait suffisamment d’argent pour que les défavorisés actuels, dont d’aucuns compensées que temporairement, gageons-le, alors que plusieurs de ceux-ci courageusement nous assurent nos trois repas par jour entre autres, puissent bénéficier d’une existence leur assurant dignité, sécurité et tranquillité. La solidarité n’est pas uniquement quelque chose qu’il fait bien d’exercer qu’en temps de crise.

Cette pandémie, chez nous, fait ressortir l’endémie de notre individualisme, de notre opportunisme, de notre manque de clairvoyance ainsi que de notre indifférence. Les citoyens en général, à mon point de vue, si on leur en laissait la chance et le choix, instruits des conséquences et de leur gratification, en viendraient à préférer se réaliser dans un travail de participation, de contribution et de valorisation, plutôt que dans celui, pour la majorité, délimité par des compensations a priori financières. A contrario, cela sert bien les intérêts du Capital que de leur imposer une méritocratie gratifiée et de s’en tenir à cela.

Cette retraite fermée que nous impose cette pandémie, nous permet de visiter les lieux les plus obscurs de notre inconscience de privilégiés déconnectés et d’y estimer le degré de préjudiciabilité que celle-ci impose, du fait de notre complicité devant nombre d’intentions malhabiles d’une trop euphorique mondialisation, au bien-être écologique de la planète entière, à ceux des humains parmi les plus oubliés et déshérités qui l’habitent et, par retour holistique, à nous aussi les mieux nantis.

La déesse COVID, telle une grande et cruelle stratège, serait passée afin de faire savoir au dieu Capital, lui imposant tyranniquement un tout autre rythme, qu’il s’était égaré en cours de route et qu’il ne l’avait plus du tout l’affaire, que la myopie de ses ambitieuses visions faisait qu’il eût outrepassé une saine gestion de ses responsabilités, tout en lui faisant oublier les coûts irréversibles et démesurés de ses manquements, qu’elle n’aurait pas mieux réussi.

Sa sagesse nous fera peut-être réaliser, au-delà de nos stéréotypes matérialistes et instinctifs, que le fait d’être solidaires et unis, sur une base permanente, est ce qui donnera un sens à la vie? Sans idéal, on se fie à sa bonne étoile et l’on attend parfois qu’il soit trop tard, parce qu’on aura pris un risque, en souhaitant que cette même bonne étoile soit elle seule à la hauteur de ces responsabilités qui devaient nous incomber en premier lieu.

À lire: La chronique de Brigitte Breton «Une reconnaissance temporaire»