Notre mode de scrutin, un reliquat de l’Empire britannique du 18e siècle

Dans les archives de l’Assemblée nationale du Québec, nous trouvons des traces de cette volonté de changer ce mode électoral jusqu’en 1902. Il est grandement temps de passer d’une démocratie de l’opposition à une de la collaboration. Si, lors de coalition, les partis politiques doivent s’entendre sur leurs positions politiques et les ajuster, cela sera pour le bien commun, car ces politiques répondront aux besoins d’une majorité de la population et non seulement de 39% de la population comme maintenant.

C’est ce que souhaite 70% de l’électorat québécois (CROP 2015) et lors d’un sondage fait pour Représentation équitable Canada en 2017, c’est 83% de cet électorat qui se dit en accord avec ce changement. La plus forte proportion au Canada.

Nous sommes dans le peloton de queue, car 85% des pays industrialisés comme le nôtre ont un mode de scrutin de type proportionnel, et pour la grande majorité, il s’en porte bien et mieux que nous à bien des égards. Le Mouvement pour une démocratie nouvelle a publié en septembre dernier «Une réforme électorale au Québec? Impacts du mode de scrutin sur nos préoccupations citoyennes». On y a documenté tous les avantages d’un mode de type proportionnel sur la démocratie, la stabilité politique, l’environnement, les performances fiscales et économiques, les politiques sociales, l’accès des femmes en politique, la diversité et la cohésion sociale.

C’est en ce moment une occasion unique de changer de paradigme dans notre démocratie et de se redonner confiance en la gouvernance de nos élus et élues pour que chaque voix compte enfin. Tous y gagneraient: les partis politiques et les citoyens, les femmes qui peinent à obtenir la parité, les régions, les communautés ethnoculturelles parce que chacun et chacune auraient la représentation qui leur revient. Et en prime, nous serions très heureux du changement de ton à l’Assemblée nationale!

Marie-Claude Bertrand, Verdun