Chaque année, Nicole Meunier se rend au Mali lors de ses vacances annuelles avec son mari, Jean-Pierre Monette, retraité depuis trois ans.

Nos vacances au Mali : 9 ans et 39 puits plus tard

Voilà neuf ans maintenant que nous nous rendons en Afrique chaque année pour forer des puits d'eau potable afin de permettre à des communautés démunies d'avoir accès à cette ressource essentielle à leur survie : l'eau.
L'eau fait partie du travail quotidien des femmes 365 jours par année au Mali. Les jeunes filles perdent des milliers d'heures de scolarité pour aider maman au transport de l'eau. L'eau, c'est tout, c'est la vie, la santé, l'agriculture, le développement social, l'hygiène et par-dessus tout... l'espoir. L'espoir d'une vie meilleure!
En 2011, nous avons foré un puits au pays Dogon, dans un petit village accroché aux rochers où vivent 700 personnes. Les femmes étaient réduites à puiser une eau infecte, remplie de vers, pour ensuite remonter au village en gravissant la haute falaise et verser cette eau dans une sorte d'entonnoir servant de filtre. Pour nous, c'était inimaginable que cette eau sale soit offerte à boire aux petits enfants, mais c'était le seul choix qu'elles avaient. C'était ça ou mourir de soif.
C'est une réalité impitoyable: un enfant sur cinq meurt avant son cinquième anniversaire.
J'ai fondé Puits Eau Mali en 2009 pour venir en aide à ces familles qui luttent quotidiennement pour survivre. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours rêvé d'aider les communautés pauvres d'Afrique, les démunis, les oubliés... les survivants. Déjà, à l'âge de 6 ans, je savais qu'il me fallait y aller pour sauver les enfants de la faim et de la soif. Les religieuses de mon école nous avaient appris que des enfants mourraient là-bas et je me suis investie de cette mission dès ce jour-là. J'avais décidé de devenir missionnaire!
Nous avons à notre actif : 39 puits forés, 10 moulins à moudre, une école rénovée, la construction d'une maternité et des tonnes de matériel scolaire distribué dans les écoles de brousse. Nous pouvons maintenant dire que l'expertise s'est jointe à notre mission de vie. Puits Eau Mali abreuve quotidiennement 55 000 personnes avec de l'eau pure.
À chaque mission, des chefs de village viennent à notre rencontre, à pied, à bicyclette, en charrette ou à dos d'âne pour nous demander de faire un forage dans leur village. Nous choisissons des villages de 500 personnes et plus, là où il n'y a pas de forage fonctionnel. Nous y sommes retournés chaque année, malgré la guerre en 2012-13 et malgré l'Ébola en 2014. En 2015-16, nous y étions aussi malgré les problèmes avec l'État islamique qui faisaient la manchette. Nous avons fait preuve de prudence et nous avons réalisé notre plus grande mission qui nous a permis d'offrir 16 autres forages. 
Mon coeur bat pour le Mali. Quand je suis dans ces villages, je ressens une grande joie. Chaque jour, je vois ces femmes peiner en coupant le bois qui servira à la cuisson des repas, puis parcourir de longues distances afin de recueillir une eau... insalubre. Quand je vois ça, je sais pourquoi je veux y retourner année après année. C'est devenu une obligation et un soulagement de pouvoir leur offrir de l'eau potable pour soulager des villages entiers de la soif!
Malgré un quotidien pénible et des conditions de vie incroyables, ces femmes ont toujours le sourire aux lèvres et travaillent malgré tout, dans l'agrément. J'ai le bonheur et la chance de partager leur quotidien pendant un mois, le temps d'une mission. Ces moments souvent chargés d'émotions ont profondément changé ma vie et je ne peux que demander à Dieu qu'il me donne la santé encore très longtemps pour poursuivre ma mission.
Puits Eau Mali est entièrement bénévole et ne reçoit aucune subvention. Les dons et nos levées de fonds sont nos seules ressources financières. Chaque année, mes vacances annuelles servent pour aller faire les forages avec mon mari, Jean-Pierre Monette, retraité depuis trois ans. Nous sommes reconnus comme organisme de charité par les gouvernements fédéral et provincial, et dirigé par un conseil d'administration. Nous misons sur la transparence et notre travail bénévole maintient nos frais d'administration à moins de 5 %.
Notre prochaine mission aura lieu en janvier 2018 dans cinq autres villages, toujours dans la brousse du Mali.  Nous vous invitons à visiter notre site web où vous y trouverez des centaines de photos et vidéos de nos missions : www.puitseaumali.org.
Nicole Meunier, Terrebonne