Les immigrants ne se comptent pas comme du bétail. Le nombre d’entre eux qui resteront ici dépend de la façon dont on les reçoit, et des chances qu'on leur aura données de gagner honnêtement leur vie.

Ne comptez pas les immigrants, accueillez-les!

Un immigrant, un réfugié, fuit forcément quelque chose. Soit son passé, soit la misère, soit une multitude de problèmes auxquels il ne pouvait plus faire face, cela peut être financier, où encore conjugal, où pire, une guerre dans son pays. Certains, hommes ou femmes, se sont sentis totalement sous-estimés, incompris, voir au pire, menacés. D’autres sont tout simplement horriblement déçus de la vie qu’ils ont dans leur pays.

Le Canada et les États-Unis se sont bâtis avec de tels gens. Des gens de partout! Les trois Amériques sont des conquêtes européennes. Certains sont repartis, d’autres sont restés. De conquérants ils sont devenus immigrants. C’est le cas principalement des Espagnols et des Portugais en Amérique du Sud, en Amérique Centrale, et aussi au Mexique et des Français et des Anglais aux États-Unis et au Canada. 

Actuellement, au Canada, un immigrant non francophone ni anglophone apprendra la langue de la province qui l’aura non seulement accueilli, mais aussi et surtout qui lui aura offert ses premiers jobs, et qui aura honoré ses connaissances . S’il — ou elle — arrive ici avec une famille, ce sera trois fois plus dur que s’ils arrivent jeunes et célibataires. 

Alors, politiciens et politiciennes, vos plus 20 000 ou moins 30 000 immigrants, ça n’a aucun sens. Les immigrants ne se comptent pas comme du bétail. Le nombre d’entre eux qui resteront ici dépend de la façon dont on les reçoit, et des chances qu'on leur aura données de gagner honnêtement leur vie. Je vais encore plus loin. Je vais jusqu’à l’amour de ce pays, jusqu’à donner sa vie si ce pays était menacé. Et si pour son bonheur il a trouvé l’amour ici, et des enfants, c’est ici qu’il aura envie d’avoir sa tombe.

Philippe Édouard Damiens, entré au pays en 1967, Québec