En 2012, la Cour supérieure a invalidé les directives édictées par Québec pour protéger les marais, marécages et tourbières. Le gouvernement Charest a alors adopté à toute vapeur le projet de loi 71, qui prévoit que Québec peut exiger d'être compensé pour le remblayage de milieux humides.

Nature en péril

En décembre dernier, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 3 mars «Journée mondiale de la vie sauvage» pour rappeler l'importance des espèces vivantes et des écosystèmes naturels dans l'économie, ainsi que leur contribution au bien-être et à la sécurité de chacun. Qu'en est-il au juste? Tous les aliments que nous consommons et une grande partie des médicaments qui nous soignent proviennent de la nature. Le chanvre, le coton, le lin, le cuir des animaux et la fibre des vers à soie nous habillent. Le bois et le chaume entrent dans la construction de nos habitations et réchauffent nos foyers. Les animaux les plus anodins jouent un rôle insoupçonné dans notre économie. On sait par exemple que les chauves-souris, les musaraignes et les oiseaux insectivores contribuent au contrôle des insectes pilleurs des cultures, que les écureuils favorisent le reboisement des forêts en disséminant les champignons mycorhiziens et en oubliant dans l'humus les noix et les cônes collectés pour l'hiver. Les grands prédateurs comme le loup et le coyote participent au maintien de la qualité des cours d'eau en réduisant les populations d'animaux brouteurs tels le cerf et le lièvre, dont le trop grand nombre peut détruire la végétation riparienne (qui borde les cours d'eau) et provoquer l'érosion des berges. Les abeilles, les guêpes et plusieurs autres insectes pollinisent les cultures et en augmentent la productivité.
En décembre dernier, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 3 mars «Journée mondiale de la vie sauvage» pour rappeler l'importance des espèces vivantes et des écosystèmes naturels dans l'économie, ainsi que leur contribution au bien-être et à la sécurité de chacun. Qu'en est-il au juste? Tous les aliments que nous consommons et une grande partie des médicaments qui nous soignent proviennent de la nature. Le chanvre, le coton, le lin, le cuir des animaux et la fibre des vers à soie nous habillent. Le bois et le chaume entrent dans la construction de nos habitations et réchauffent nos foyers. Les animaux les plus anodins jouent un rôle insoupçonné dans notre économie. On sait par exemple que les chauves-souris, les musaraignes et les oiseaux insectivores contribuent au contrôle des insectes pilleurs des cultures, que les écureuils favorisent le reboisement des forêts en disséminant les champignons mycorhiziens et en oubliant dans l'humus les noix et les cônes collectés pour l'hiver. Les grands prédateurs comme le loup et le coyote participent au maintien de la qualité des cours d'eau en réduisant les populations d'animaux brouteurs tels le cerf et le lièvre, dont le trop grand nombre peut détruire la végétation riparienne (qui borde les cours d'eau) et provoquer l'érosion des berges. Les abeilles, les guêpes et plusieurs autres insectes pollinisent les cultures et en augmentent la productivité.
Les écosystèmes naturels sont essentiels à la vie. Le phytoplancton océanique, les grands herbiers côtiers, les prairies et les forêts produisent l'oxygène que nous respirons et emprisonnent les gaz à effet de serre. Les milieux humides filtrent les eaux souillées, les feuilles des arbres captent les poussières en suspension dans l'air et régulent le climat. Les mangroves et les récifs coralliens protègent les rivages marins des assauts des vagues tout en constituant de véritables pouponnières à poissons et crustacés. La nature inspire les artistes de toutes disciplines, contribue à notre ressourcement et à notre quiétude. De nombreuses inventions trouvent leur origine dans l'observation des êtres vivants qui nous entourent.
Pourtant, la vie sauvage est en danger. Au Canada, plus de 500 plantes et animaux figurent sur la liste officielle des espèces en péril, et plusieurs d'entre elles ne bénéficient d'aucune intervention de sauvegarde. Les causes de cette situation sont multiples, mais se résument à la destruction des habitats naturels par l'activité humaine, à la surexploitation des ressources vivantes et au manque de considération des gouvernements et des citoyens pour les bienfaits que nous procure la nature. Cette inconscience mène directement à la perte d'emplois reliés à la mise en valeur des ressources naturelles, à la croissance des frais de santé et de l'insécurité causés par la dégradation de l'environnement.
Protéger notre environnement naturel et les espèces sauvages est une assurance-vie, un investissement pour les générations futures, un atout économique de premier plan, un gage de prospérité, une question de survie. Profitons de la Journée mondiale de la vie sauvage pour réclamer une intégration de la valeur des ressources vivantes dans le bilan économique du pays et une reconnaissance inconditionnelle de la contribution de la biodiversité au bien-être de tous et chacun.
Jacques Prescott, biologiste et professeur associé à la Chaire en éco-conseil de l'Université du Québec à Chicoutimi