Le fils de Boucar Diouf demande : «Papa, je viens d'où?» Dans son spectacle, l'humoriste tente de répondre à cette question en parlant d'animaux, des origines de l'humanité et de reproduction...

Mondialisation et ancrage identitaire

Dans sa chronique de La Presse du 12 avril, Boucar Diouf, porteur comme des milliers d'autres de notre diversité culturelle, s'est adressé au nouveau chef du gouvernement, pour lui dire l'inéluctable extinction inscrite dans les sociétés qui peinent à s'affirmer avec fierté et assurance. Si une idée ne meurt jamais, pour reprendre l'expression de M. Couillard, encore faut-il qu'elle soit portée par des femmes et des hommes qui désirent profondément qu'elle vive. Or, en évoquant la nécessité du renoncement par les francophones du Québec à l'expression de leur identité pour se fondre dans la fausse inclusion du communautarisme mise en place par les institutions coloniales britanniques en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde, il participe à l'annihilation de leur présence sur ce continent.
Dans sa chronique de La Presse du 12 avril, Boucar Diouf, porteur comme des milliers d'autres de notre diversité culturelle, s'est adressé au nouveau chef du gouvernement, pour lui dire l'inéluctable extinction inscrite dans les sociétés qui peinent à s'affirmer avec fierté et assurance. Si une idée ne meurt jamais, pour reprendre l'expression de M. Couillard, encore faut-il qu'elle soit portée par des femmes et des hommes qui désirent profondément qu'elle vive. Or, en évoquant la nécessité du renoncement par les francophones du Québec à l'expression de leur identité pour se fondre dans la fausse inclusion du communautarisme mise en place par les institutions coloniales britanniques en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde, il participe à l'annihilation de leur présence sur ce continent.
Vrai que M. Couillard est en phase avec plusieurs citoyens, analystes et commentateurs qui, depuis la récente élection, font valoir que les 18-35 ans du Québec vivent au rythme de la mondialisation plutôt qu'à l'identité nationale. Ils couplent bien évidemment cette première affirmation à une autre: c'est en anglais que les «vraies affaires» se font et parler cette langue est nécessité. Même que l'utilisation de ce seul idiome suffirait pour se «mondialiser». Voilà deux énoncés pour le moins sommaires.
Trop souvent, on confond mondialisation, i.e. les interrelations entre États liées à la dynamique économique planétaire, et l'ouverture sur le monde, i.e. l'intérêt grandissant des individus pour tout ce qui a trait à la diversité sociale et culturelle. Ce qu'on ignore en adoptant une telle façon de voir, c'est que les échanges, que la reconnaissance de la diversité des expressions sociales et culturelles, ne peuvent exister que s'ils sont ancrés sur un territoire, ainsi mis en rapport avec les autres. En d'autres termes, la mondialisation est tout le contraire de la dilution des spécificités nationales dans une soupe économique, politique et sociale.
En ce qui a trait à la langue, il faut reconnaître que la démographie et l'histoire ont joué un rôle considérable dans le rapport entretenu par les canayens avec la culture anglo-saxonne. Toutefois, tout comme la mondialisation ne peut se construire que sur des ancrages identitaires, de même la pratique de différentes langues passe nécessairement par la maîtrise approfondie d'une langue première. Autrement dit, avant de penser devenir polyglotte, il faut être compétent dans sa langue maternelle. En somme, si des Québécois francophones veulent «se mondialiser», il leur faudra asseoir leur compétence linguistique sur la maîtrise intégrée du français, sortir de la fixation d'une connaissance approximative de l'anglais et envisager également d'apprendre l'espagnol, le portugais, pour ce qui est des Amériques et, qui sait, le mandarin, pour les plus «mondialisés». Un cheminement que quelques personnes ont d'ailleurs déjà entrepris, et qu'il ne faut pas confondre avec des mesures débilitantes visant la création d'un État national bilingue.
L'affirmation identitaire politique et linguistique est donc essentielle à une véritable participation à la mondialisation. Tout le contraire de la xénophobie, voire du racisme dont quelques esprits tordus se servent pour que les «de souche» francophones plient l'échine, qu'ils acceptent l'essouchement une fois pour toutes, qu'on les extermine tels des insectes nuisibles comme un extrémiste réactionnaire anglophone l'a exprimé récemment.
Son élection permet à M. Couillard de contrer ces discours toxiques qui minent l'expression d'une saine identité québécoise.
Serge Genest, Québec