Davantage d'usagers se disent insatisfaits des services offerts par la Société de transport adapté de la Capitale.

Mon quadriporteur ne fait pas de moi une nuisance

En réaction au texte «Des usagers insatisfaits pointent le RTC, qui pointe le ministère» publié le 24 mars
Il semble y avoir un certain laxisme dans l'évaluation médicale pour avoir droit au transport adapté. J'ai souvent vu des personnes âgées sans canne ni difficulté à marcher apparente qui utilisent le transport adapté. On dirait que le seul critère est d'être une personne âgée, ce qui n'est pas automatiquement un handicap. Vraiment ridicule de la part d'une association de personnes handicapées de dire que les personnes qui utilisent des quadriporteurs font partie du problème.
Ces personnes ne se promènent pas en quadriporteur pour le plaisir, mais sont aussi des personnes en situation de handicap, ont des difficultés à la marche. Personnellement, je marche comme si j'avais des enclumes de 50 kg aux pieds et j'ai besoin d'un appui. J'ai dû être évalué par une ergothérapeute pour avoir ce quadriporteur. Le quadriporteur est la meilleure aide technique pour moi puisque ça me permet d'avoir un appui devant la main au lieu d'un accoudoir qui se retrouve à l'arrière, quand j'ai à me lever.
Au lieu de donner la moitié de l'information, vous auriez dû dire que les gens en quadriporteur ne peuvent pas rester assis sur le quadriporteur durant le transport adapté parce que la tige du banc n'est pas fixée dans le quadriporteur, mais simplement insérée dans un trou au niveau du couvert des batteries. Il suffit de tirer vers le haut pour enlever le banc. En cas d'accident, le banc pourrait sortir du trou et occasionner plus de possibilités à la personne d'être blessée. C'est la raison invoquée.
On oblige donc les gens en quadriporteur, et triporteur probablement pour la même raison, à prendre un banc. Le problème est donc la façon dont le quadriporteur est fabriqué et non la présence de la personne, comme pourrait le laisser croire votre affirmation. Il faudrait qu'on trouve une façon de fixer le banc, tout en continuant de pouvoir l'enlever au besoin. Il est à noter qu'on m'a offert souvent de rester assis sur le quadriporteur dans les autobus Orléans Express ou dans le train, chose que je ne fais pas.
Bravo d'encourager les préjugés envers les personnes en quadriporteur, comme quoi «Ça devrait même pas être dans le transport adapté c't'affaire-là!», comme m'a dit une dame, irritée que le Service de transport adapté de la capitale (STAC) veuille placer sa chaise roulante électrique à l'arrière du cube. Je l'empêchais d'avoir accès au premier banc, car elle voulait s'y asseoir avec son accompagnatrice parce que «ça cogne trop à l'arrière du cube». Apparemment, une note à son dossier disait qu'elle ne devait pas être assise à l'arrière.
«Madame, c'est pas de ma faute si le STAC sait pas lire». J'ai pris mes spasmes aux jambes et je lui ai laissé le premier banc, au grand soulagement du chauffeur qui ne savait plus trop quoi faire. Je me suis assis à l'arrière, accompagné de mon coussin d'air. Pas pire pour une nuisance en quadriporteur.
Pascal Minville, ex-secrétaire au conseil d'administration 2013 du CAPVISH