Mobilité, intensité et densification: l’agenda incontournable de la CMQ

POINT DE VUE / J’assume avec beaucoup de fierté depuis peu la présidence du Conseil régional de Québec (CRQ) de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU). Cette fierté est d’autant plus grande que c’est la première fois qu’un promoteur et propriétaire immobilier de Lévis occupe ce poste. Cela démontre que notre organisation est au diapason d’une industrie qui fait corps avec les deux rives qui composent une même réalité économique régionale.

La situation que nous connaissons actuellement en matière d’emplois apporte son lot de défis. Notre industrie est loin d’être indifférente à cette réalité. Elle peut même jouer un rôle de premier plan afin d’identifier des solutions concrètes et durables pour la contrer et ainsi veiller au maintien de la croissance de la région. Elle ne se gêne d’ailleurs pas pour appuyer une hausse des seuils d’immigration ainsi que le développement de solutions visant une meilleure intégration.

De grands chantiers mériteront notre attention

Lors du récent Forum sur l’habitation, nous avons mis au jeu dix grandes idées afin d’intensifier la ville de Québec et démontré, étude d’urbanistes à l’appui, que l’essentiel de la croissance de la population pourrait être capté dans des zones de type «TOD», pour Transit Oriented Development. Ces zones, jouxtant les futurs points d’ancrage du Réseau de transport structurant de Québec, constituent le moyen à privilégier pour densifier intelligemment et durablement le territoire. Nous pressons d’ailleurs les autorités pour qu’elles précisent leur vision au sujet de l’intégration de projets de transport collectif des villes de Lévis et de Québec.

Dans la même veine, nous croyons qu’il faut pousser la réflexion. Une meilleure intégration des réseaux de transport en commun de la région doit apparaître à l’ordre du jour de notre réflexion collective. La part modale du transport est dans les plus faibles du Canada et l’on retrouve dans la région pas moins de 49 tarifs différents, gérés par quatre autorités de transport différentes, ayant chacune leur planification et leur gestion.

Nous croyons de plus qu’il est temps de doter la région d’un véritable aérotropole, où, autour de l’Aéroport international Jean-Lesage, l’offre d’espaces industriels, commerciaux et hôteliers serait bonifiée, en s’appuyant sur cette infrastructure hautement stratégique pour laquelle nous souhaitons un accès facilité.

La question fiscale demeure aussi un enjeu majeur. L’imposition des immeubles commerciaux demeure en effet très lourde dans la région. À Québec, par exemple, le ratio de taxation foncière commerciale/résidentielle grimpe depuis 2003 et a connu une hausse de 7,38 % en 2018. Si nous pouvons nous réjouir de l’ouverture de la Ville de Québec relativement au rattrapage entre les secteurs résidentiel et commercial, nous devons poursuivre notre travail afin d’assurer une plus grande équité fiscale entre tous les contribuables.

Les défis ne manquent donc pas. L’IDU saura, comme elle l’a toujours fait, contribuer activement au développement de la région.

En terminant, qu’il me soit permis de remercier chaleureusement ma prédécesseure, Mme Nathalie Roussin, présidente des Immeubles Roussin, pour son bilan, que tous et toutes jugent à la hauteur des ambitions d’une industrie qui enrichit la région et propulse sa croissance.