«Ils sont plus de 350 000 personnes au Québec, enfants et adultes, à vivre sur les maigres prestations d’assistance sociale. Plus de 350 000 personnes à vivre avec des revenus deux fois inférieurs à la mesure du panier de consommation. À ne pas avoir eu droit, pour la majorité d’entre eux, à un supplément de revenu alors que les ressources habituelles se tarissent et que l’économie s’écroule sur les plus démunis», écrit Isaïe-Nicolas Dubois-Sénéchal de Québec.
«Ils sont plus de 350 000 personnes au Québec, enfants et adultes, à vivre sur les maigres prestations d’assistance sociale. Plus de 350 000 personnes à vivre avec des revenus deux fois inférieurs à la mesure du panier de consommation. À ne pas avoir eu droit, pour la majorité d’entre eux, à un supplément de revenu alors que les ressources habituelles se tarissent et que l’économie s’écroule sur les plus démunis», écrit Isaïe-Nicolas Dubois-Sénéchal de Québec.

Ministères de l’appauvrissement

Isaïe-Nicolas Dubois-Sénéchal
Isaïe-Nicolas Dubois-Sénéchal
Association de défense des droits sociaux de la Rive-Sud
POINT DE VUE / Après bientôt six mois de pandémie, le discours public semble changer. Les ministères ont appris leur leçon, dit-on. On est prêts pour la deuxième vague. On passe à autre chose, on oublie ceux qui restent là, l’estomac dans les talons et les dettes au travers de la gorge.

Ils sont plus de 350 000 personnes au Québec, enfants et adultes, à vivre sur les maigres prestations d’assistance sociale. Plus de 350 000 personnes à vivre avec des revenus deux fois inférieurs à la mesure du panier de consommation. À ne pas avoir eu droit, pour la majorité d’entre eux, à un supplément de revenu alors que les ressources habituelles se tarissent et que l’économie s’écroule sur les plus démunis.

Alors, quand ils sont étouffés par un programme qui donne des peanuts pour avoir juste le droit de survivre, quand ils sont tannés de se faire marcher dessus par les règlements de ministres en complets qui pensent que l’important, c’est les emplois à 40 $ de l’heure.

Quand on les empêche de sortir de la pauvreté justement parce qu’ils sont déjà pauvres.

Certains trichent. Certains, sans y avoir droit, demandent la Prestation canadienne d’urgence (PCU), parce qu’eux aussi, ils ont droit au respect, ils ont le droit de prendre l’autobus, d’avoir une ligne téléphonique et de manger trois fois par jour. Sauf que…

Sauf que la PCU n’est pas une prestation universelle, c’est un remplacement et un élargissement temporaire de l’assurance-emploi. Trudeau et Legault se sont lancé la balle des semaines durant pour finalement décider que rien ne serait fait pour aider ces 350 000 personnes qu’on persiste à vouloir oublier.

Pour ajouter la cerise sur le sundae, les deux paliers de gouvernement s’arrachent la palme du plus pingre. Pendant que l’ARC essaie de récupérer les sommes versées aux personnes assistées sociales qui n’y avaient pas droit, on apprend que l’aide sociale essaie de récupérer les sommes qu’elle a versées pendant que celles-ci percevaient de la PCU. Les plus pauvres de la société doivent désormais rembourser de l’argent à deux gouvernements, alors que leurs comptes sont vides. Oubliez les dettes aux loan sharks, aux grandes banques ou à MasterCard. Les nouveaux huissiers travaillent à l’Agence du revenu et au ministère du Travail, de l’Emploi et (sic) de la Solidarité sociale…

Les leçons n’ont pas été apprises. Les subventions aux organismes communautaires et aux banques alimentaires, c’est cosmétique quand on refuse encore aux plus pauvres le droit de vivre dignement. Récupérer le maigre revenu duquel ils dépendent, c’est cheap. Très cheap.