L’armée canadienne s’apprête à déployer au Mali une force de 250 soldats composée en très grande partie d’anglophones.

Mali: une mission canadienne mal partie?

L’armée canadienne s’apprête à déployer au Mali, qui est un pays francophone, une force de 250 soldats composée en très grande partie d’anglophones. En fait, le premier contingent de la mission canadienne dans le pays francophone d’Afrique de l’Ouest ne comptera que 25 soldats provenant de bases militaires du Québec. Les autres viendront des bases en Ontario et en Alberta.

C’est pourtant pour avoir des soldats pouvant parler français que l’ONU voulait cette force militaire canadienne dans la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Ce n’est pas comme si ces soldats ne devaient pas avoir toutes les chances de faire leur mission le mieux possible. Le gouvernement canadien avouait en début juillet que cette intervention militaire était risquée pour ceux qui y participaient. Il y aurait eu plus de 160 Casques bleus de la MINUSMA qui seraient morts au Mali durant les cinq dernières années. Comme les soldats canadiens doivent avoir comme mission principale d’aller chercher des combattants blessés, il devrait être important pour eux de pouvoir parler la langue du pays. Toutes les missions ont des ratés et le contact occasionnel avec des Maliens est plus que probable. De plus, les combats entre les factions rivales font actuellement rage au Mali et iront probablement en augmentant jusqu’aux élections en fin juillet. Les morts s’accumulent donc autant dans la population civile que dans l’armée.

Alors, pourquoi ne pas avoir choisi un contingent entièrement francophone pour avoir le maximum de chances de ne pas manquer une information vitale? Cela aurait aussi pu aider ces soldats à savoir ce qu’il y a sur le menu s’ils doivent aller manger dans un restaurant. L’excuse que tous les bons soldats de l’armée canadienne pouvant parler français étaient pris dans d’autres missions soulève plusieurs questions. Il y a actuellement environ 65 000 membres dans la force permanente de l’armée du Canada, un pays officiellement bilingue. Cette armée peut aussi compter sur 25 000 réservistes. Qu’elle n’ait pas rapidement pu trouver 250 soldats francophones capables de faire cette mission dans tout ce bassin de candidats potentiels laisse songeur. A-t-on vraiment considéré comme important de respecter les demandes linguistiques des Nations Unies? Ou serait-ce qu’il n’y a pas assez de francophones dans tous ces gens?

Michel Gourd, L’Ascension-de-Patapédia