Maîtrise d’une langue mère et apprentissage de langues secondes

Les controverses se multiplient désormais concernant l’usage soutenu de leur langue mère par les francophones du Québec, particulièrement dans la région de Montréal.

L’histoire séculaire des francophones d’Amérique nous a permis de saisir tout autant les effets de l’inscription politique d’une langue, dans son rapport aux autres expressions linguistiques, que la vigilance nécessaire dans son utilisation.

Bien sûr, à l’instar de toutes les autres expressions culturelles, les langues se transforment au fil des contacts. Cependant, ces modifications vont varier en fonction de la capacité et de la qualité de rétention d’une langue mère. Autrement dit, plus l’ancrage et la fréquence d’utilisation d’une langue première sont structurés, plus elle saura se maintenir et profiter de ces contacts avec d’autres langues.

En effet, non seulement la maîtrise d’une langue mère s’avère un outil essentiel à la préservation de cette langue, mais elle génère du même souffle des compétences essentielles à l’apprentissage d’autres langues. Par ailleurs, pour éviter que l’utilisation concomitante de plusieurs idiomes linguistiques différents ne conduise à un sabir plus ou moins articulé, il faut que la langue d’emprunt offre, elle aussi, tous les éléments d’une langue très structurée.

La situation linguistique du Québec présente de multiples défis en ces matières. Nous sommes porteurs d’une langue mère mal assumée d’une part et d’emprunts à une langue anglaise étatsunienne dont l’expression, elle-même, est le plus souvent approximative. Rien d’encourageant pour former des polyglottes compétents!

Serge Genest, Québec