Ma voisine Marie-Jeanne

Je ne consomme pas de marijuana. Par contre, mon abstinence n’est pas partagée par tous les locataires qui habitent le même édifice que moi. Résultat, eh bien je me trouve donc à côtoyer cette bonne vieille Marie-Jeanne… contre mon gré!

En effet, l’odeur du cannabis qui pénètre sous la porte de mon studio ainsi que dans le système de ventilation est loin de me parer d’un rire à la Dany Verveine.

Est-ce que les propriétaires du bloc de 52 appartements où je loge ont réagi à ce moment historique du 17 octobre signé Justin Trudeau? Bien sûr! Récemment, la surintendante est même débarquée chez moi afin que je signe le document «Modification de votre bail - interdiction de fumer du cannabis» avant... le 15 janvier! En plus des «aires intérieures», la consommation de la verte substance est bannie «dans les aires extérieures de la propriété».

Question. Pour tous les fanas de chanvre qui ne sont point propriétaires d’une maison, où jouir de ce plaisir désormais légal? Combien d’adeptes de gros pétards vont se conformer docilement à ces règles strictes adoptées par plusieurs propriétaires du Québec?

Sur le balcon!

Plutôt que d’encourir le risque que les membres du fan-club de Marie-Jeanne en fument en cachette dans leur logis, pourquoi ne pas tout simplement leur permettre de s’adonner à leur passe-temps dehors, soit «sur les balcons et les terrasses» des immeubles. Au moins, les relents de mari ne persisteraient pas à l’intérieur des murs et s’évanouiraient rapidement dans l’atmosphère?

J’essaie d’être compréhensive, car, moi aussi, j’ai mon p’tit bonheur... consommer des sauterelles! Est-ce que je peux en faire l’élevage chez moi?

Martine Lacroix, Montréal