La Maison de la littérature abrite l’une des succursales du réseau des bibliothèques de Québec.
La Maison de la littérature abrite l’une des succursales du réseau des bibliothèques de Québec.

M. Labeaume, SVP, rouvrez les bibliothèques publiques

Au maire de Québec, Régis Labeaume,

Le 14 mars dernier, la Ville annonçait la fermeture des bibliothèques publiques. Ça fait déjà sept semaines. À la faveur du déconfinement opéré par le gouvernement du Québec, ne serait-il pas possible de reconsidérer cette décision et de rouvrir les bibliothèques de la municipalité?

Compte tenu de la durée de la fermeture, les bibliophiles et les familles manquent cruellement de livres pour meubler leurs loisirs et nourrir leurs esprits.

Une décision de réouverture semble d’autant plus socialement acceptable qu’elle s’inscrit dans l’esprit du déconfinement et qu’elle ne risque guère de générer de nouveaux cas de COVID-19 si on respecte les règles de distanciation physique. On suppose aussi qu’il ne serait pas si difficile d’installer des panneaux de plexiglas pour protéger les employés comme dans les commerces. 

Les pratiques suivantes devraient aussi être mises de l’avant :

  • Limitation du nombre d’usagers (en santé) à tant par bibliothèque selon le nombre de mètres carrés et la configuration des lieux. Les autres attendront à l’extérieur en ce début de belle saison.
  • Interdiction des groupes et des familles, un parent ne pouvant y amener qu’un enfant à la fois (les autres membres de la famille feront leurs listes).
  • Prohibition du flânage et des consultations : on ne s’y rend que pour rapporter des livres et pour en cueillir d’autres.
  • Limitation du nombre de clients à un par corridor entre les étagères de livres.
  • Nettoyage des mains au Purell à l’entrée, sous supervision d’un(e) employé(e).
  • Maintien du service de réservation électronique.
  • Utilisation par les usagers des bornes d’enregistrement (facilement nettoyables), mais pas des ordinateurs de recherche (claviers à risque).
  • Possibilité d’imposer le port du masque.

Les gouvernements fédéral et provincial travaillent d’arrache-pied pour maintenir les services essentiels et l’approvisionnement alimentaire. La Ville ne pourrait-elle pas contribuer au mieux-être de la population en remettant à la disposition des citoyens les aliments spirituels qui rehaussent le moral et réconfortent l’âme en ces temps troubles?

Car si la pandémie ne nous affecte pas tous de la même façon, il n’en reste pas moins que, pour reprendre la devise de l’orchestre de la troublante dystopie d’Émily St. John Mandel, Station Eleven, «survivre ne suffit pas».