Yvon Charest, ancien président et chef de la direction de l’Industrielle Alliance groupe financier

M. Charest, 2 millions $ c’est encore trop

En réaction à la chronique «Effet indésirable d’une bonne intention» de la journaliste Brigitte Breton parue le 9 janvier

Yvon Charest, ancien président et chef de la direction de l’Industrielle Alliance groupe financier, explique qu’une rémunération de 2 M$ et plus ne le rendait aucunement mal à l’aise puisqu’il ne gagnait pas plus de 150 % de ses proches sur le conseil d’administration. Il faut dire aussi qu’il est bien en dessous des cent chefs d’entreprise les mieux payés au Canada qui touchaient en moyenne 11,8 M$ en 2018.

On est en droit de se demander si de tels montants sont raisonnables. Je crois qu’on devrait plutôt fixer une rémunération maximale, tout compris, à 500 000 $. Je ne connais personne au Québec qui ne puisse vivre très à l’aise avec une telle somme. Personnellement, j’ai un revenu annuel de 50 000 $ (soit le salaire moyen au Québec) et ça me permet de faire chaque année des économies. Je me sens même un peu mal à l’aise par comparaison avec ceux qui sont dans les tranches de 15 000 $ et de 20 000 $ et qui en arrachent pour joindre les deux bouts.

M. Charest ajoute «qu’on a créé un monstre» en divulguant la rémunération des hauts dirigeants des entreprises inscrites en bourse. Il prétend que ça provoque un désir d’émulation et qu’ainsi tout le monde aspire à devenir millionnaire. À mon avis, au contraire, la divulgation des revenus des hauts dirigeants est révoltante et finira par créer une crise qui fera changer le système.

Si chacun recevait un revenu décent, correspondant à ses besoins, ne serait-ce pas là la voie de la sagesse?