Environ 600 personnes membres de La Meute étaient rassemblées dans le stationnement souterrain du Complexe G, où elles sont demeurées plusieurs heures avant de sortir manifester.

Loin de l'émeute, La Meute

«Confinement : «action de confiner. (Le terme) participe surtout de l'idée d'enfermement, d'abord dans le contexte pénal de l'emprisonnement. De nos jours, il indique le fait d'enfermer dans certaines limites concrètes ou, surtout, abstraites» (Le Robert historique de la langue française). Dimanche, le groupe La Meute a été physiquement confiné.
Ameuté par le matraquage des médias sur les dangers de l'extrême droite, le citoyen lambda attendait avec appréhension la manifestation violente d'un groupe de citoyens ultranationalistes appelé «La Meute». Or, dimanche passé, ce citoyen a assisté au contraire à une violente manifestation de groupes d'extrême gauche. Ces groupes, prônant l'antifascisme et l'abolition des frontières, voulaient en découdre avec La Meute. Pour assurer la paix, les forces policières ont cru bon de confiner les citoyens de La Meute dans un stationnement souterrain pendant plusieurs heures, en dépit du fait que leur manifestation avait été autorisée. Privés de leur cible à violenter, des manifestants masqués ont semé la pagaille en lançant chaises et bombes fumigènes aux policiers, en plus de s'attaquer aux médias et aux commerces avoisinants. 
Des partisans affichés de l'inclusion, de la libre circulation des personnes et d'un monde sans frontières ont, par la force, conduit à l'exclusion et au confinement d'un groupe de citoyens pendant des heures. Belle démonstration du respect de la libre expression des autres que de forcer à emmurer des groupes qui ne partagent pas leur point de vue! Le grabuge, dira-t-on, était le fait de casseurs. Ils ont le dos large ces casseurs! Aurait-on pointé également les casseurs si ces mêmes gestes violents avaient été commis par La Meute? Est-ce que Julius Grey va se pointer pour défendre ceux et celles qui ont été privés de leur droit d'expression publique au moment qu'ils avaient convenu avec les autorités? Pourquoi n'a-t-on pas plutôt confiné les groupes d'illégaux qui faisaient le grabuge?
Le porte-parole de la manif contre La Meute, Monsieur Pablo Roy-Rojas, en remet en s'abstenant de condamner les agissements d'un groupe d'extrême gauche, car la gauche à son avis doit répliquer et La Meute, précise-t-il, n'a pas gagné : «leur manifestation a eu lieu tard, personne ne les a vus». Comme aveuglement, c'est, ma foi, ahurissant!
À force d'identifier la gauche à l'empire du bien, on ne s'étonnera guère de voir de ses apôtres (Singh et les sans-frontiéristes) se croire justifiés d'user de violence pour défendre leur cause et ainsi forcer à emmurer ceux et celles qui avaient le droit de manifester. Dimanche, le citoyen lambda savait de quel côté la haine s'était incarnée. Comme Régis Debray, rejetons le sans-frontiérisme comme leurre et choisissons «de célébrer ce que d'autres déplorent : la frontière comme vaccin contre l'épidémie des murs, remède à l'indifférence et sauvegarde du vivant» (Eloge des frontières, Éditions Gallimard, 2013).
Romain Gagné, Québec