Après s'être aliéné les immigrants durant le débat acrimonieux sur la charte des valeurs, Jean-François Lisée et le PQ se lancent dans une campagne de séduction auprès des immigrants.

Lisée ne pourra pas nous faire oublier la charte

En ce début d'année 2017, le Parti québécois de Jean-François Lisée semble avoir vu la lumière durant les vacances de Noël.
Après s'être aliéné les immigrants durant le débat acrimonieux sur la charte des valeurs, le nouveau chef et son parti politique se lancent dans une campagne de séduction auprès des immigrants. Quel PQ allons-nous croire? Le PQ de 2017 ou le PQ de 2014? Ce parti est de plus en plus étourdissant. Cela n'est pas surprenant. C'est un parti à l'image de son nouveau chef. L'homme aux mille idées. L'homme qui change d'idée quotidiennement. Le nouveau chef est extrêmement surestimé. Je vous partage ma réflexion sur ce grand stratège!
L'automne dernier, j'ai fait une promenade sur la charmante rue Saint-Jean. J'y ai aperçu Jean-François Lisée attablé à la terrasse d'un excellent restaurant. Il était en compagnie de Pascal Bérubé. Je les ai observés discuter. J'ai failli aller leur parler. Je connais bien Pascal Bérubé. Un député que j'admire. Après réflexion, j'ai pris la décision de ne pas interrompre leur repas. Ils devaient célébrer le fait que le député de Matane venait de sortir de sa neutralité. Il venait de donner son appui à Jean-François Lisée dans la course au leadership du PQ.
Après la victoire de Lisée, tous les journaux et tous les chroniqueurs politiques le désignaient comme un excellent stratège. J'ai été étonné. Je suis attentivement la politique québécoise depuis 1993. Le nouveau chef du PQ a conseillé Jacques Parizeau et Lucien Bouchard. Deux grands premiers ministres. Nous sommes en 2017. Le Québec est encore une province. Il me semble que si Lisée était un excellent stratège, le Québec serait un pays et membre de l'Organisation des Nations Unies. Il a aussi conseillé Pauline Marois. Il a même été membre de son gouvernement.
Souvenons-nous que la charte de Bernard Drainville fait partie des raisons qui ont conduit le PQ à perdre le pouvoir en 2014. Si le nouveau leader de l'opposition officielle était un excellent stratège, comme il le prétend, il aurait dit à sa chef de ne pas se lancer dans cette aventure suicidaire. Par contre, je peux reconnaître que c'est un politicien astucieux et talentueux. Après la défaite de son parti, il a indiqué aux médias qu'il avait été contre la charte. Ce faisant, il brisait le principe de la solidarité ministérielle. Pourquoi n'a-t-il pas démissionné? Il va peut-être nous dire qu'il avait prédit que PKP ne serait pas longtemps à la tête du PQ. Cet argument ne convaincra aucune personne qui suit la politique québécoise. Il était évident que l'actionnaire majoritaire de Québecor n'allait pas diriger ce parti pour une longue période. Comme tous les chefs de ce parti depuis le départ de Parizeau.
Sa seule stratégie gagnante, c'est la stratégie malsaine du mensonge. Rappelons-nous qu'il a menti en associant le controversé imam Charkaoui à son adversaire Alexandre Cloutier. C'était une stratégie indigne d'un grand homme politique ou d'un homme d'État. J'en conclus que Jean-François Lisée veut uniquement être premier ministre du Québec. Je crois qu'il va conduire le PQ à un autre échec. La souveraineté est un projet noble. Jean Charest a déjà déclaré qu'un Québec indépendant serait viable économiquement. Je doute que le peuple québécois et les péquistes voient ce pays sous la direction de l'actuel chef du parti de René Lévesque.
Et les membres de la diversité culturelle ne sont pas dupes. Ils n'ont pas oublié la charte discriminatoire de Drainville.
Irénée Rutema, Québec