Jean-François Lisée au Conseil national du PQ, samedi

Lisée, l'indépendantiste patient

Lorsque Jean-François Lisée a été élu chef du PQ, Philippe Couillard a tenté de le discréditer en le faisant passer pour un tacticien calculateur, comme si le chef libéral était vierge en ce domaine. Selon moi, la position du nouveau chef de reporter un éventuel référendum dans un second mandat relève plutôt d'un réalisme pertinent pour la survie de son parti.
Claude Morin avait l'habitude de dire que le fait de tirer sur une fleur ne la faisait pas pousser plus vite. En ce sens, Lisée a bien su prendre le pouls des Québécois qui désirent que les libéraux cèdent la place aux prochaines élections. Il lui faudra maintenant convaincre les militants de son parti pour qu'ils acceptent d'amender l'article 1 du programme pour l'adapter à la nouvelle réalité. Cela ne se fera pas sans heurts, mais je pense que c'est indispensable.
Entre un gouvernement caquiste qui va gouverner à droite en prônant des baisses d'impôts et donc une diminution des services et un leurre constitutionnel basé sur de fausses attentes nationalistes, je préfère de beaucoup un gouvernement péquiste. Nous savons que Lisée va défendre les intérêts du Québec et qu'il va assurer la pérennité des services publics dans les domaines de la santé et de l'éducation, tout en travaillant pour l'émancipation économique du peuple québécois.
Il va également faire ressortir les contradictions du gouvernement Couillard dans sa position constitutionnelle stationnaire et sa très grande faiblesse à défendre un Québec minoritaire dans un Canada de plus en plus multiculturel. 
Patiemment, Lisée va faire de l'éducation autour du projet souverainiste et maintenir la porte ouverte en espérant une conjoncture favorable. Loin d'être emprisonné dans une position dogmatique, comme c'est le cas pour le parti Québec solidaire, le chef du PQ veut aérer son parti et le rendre plus inclusif et ouvert à tous les Québécois qui défendent le bien commun, la langue française, une gouvernance intègre et l'égalité hommes-femmes.
Marcel Perron, Neuville