L'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois a succédé dimanche à Françoise David comme candidat de Québec solidaire dans la circonscription montréalaise de Gouin.

L'insoutenable légèreté de Québec Solidaire

L'arrivée probable du futur député de Gouin, Gabriel Nadeau-Dubois, vient revamper Québec solidaire (QS), qui avait bien besoin d'une nouvelle force de propulsion à la suite du départ de Françoise David.
Malgré l'arrivée de cette nouvelle recrue, ce parti de gauche demeure, pour le moment du moins, une formation marginale dans l'échiquier politique du Québec. Cette marginalité lui confère une liberté de parole quasi infinie au détriment des autres partis d'opposition qui, aspirant au pouvoir, doivent tenir un discours acceptable pour l'ensemble de la population.
Certains prétendront que ce parti contribue à faire avancer le débat politique. Cependant, dans notre mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour, QS et d'autres partis permettent au Parti libéral de se maintenir au pouvoir. L'arrivée d'un mode de scrutin proportionnel viendrait corriger cette lacune, mais nous n'en sommes pas encore là. Que faire pour remédier à la situation?
Pour sa part, le Parti québécois a mis cartes sur table et proposé le principe de convergence avec QS, qui pourrait bientôt fusionner avec Option nationale. Ces ententes permettraient à QS d'augmenter sa députation à Montréal et pourraient faciliter l'accession au pouvoir du PQ. À cet égard, la position de QS est ambiguë. La porte n'est ni fermée ni ouverte.
Faut-il permettre aux libéraux de Couillard de continuer à «construire» le Québec dans un schéma néo-libéral, ou plutôt accepter un compromis qui permettrait l'émergence de politiques de centre-gauche où le bien commun l'emporterait sur les intérêts particuliers?
Le débat qui sévit entre les deux principales formations indépendantistes nous ramène vers un passé pas si lointain où l'indépendantiste Pierre Vallières et le socialiste Charles Gagnon s'opposaient sur la stratégie à mettre de l'avant pour en arriver à un Québec indépendant et socialiste.
Rappelons-nous qu'avant d'en arriver au «grand soir du socialisme, il faut travailler fort durant la journée pour libérer le Québec du joug fédéraliste qui étouffe ses aspirations nationales légitimes». Une fois l'indépendance acquise, les Québécois pourraient choisir les valeurs qui orienteraient le type de société dans laquelle ils veulent vivre. Si le socialisme en fait partie, c'est tant mieux.
Marcel Perron, Neuville