Le premier ministre du Québec, François Legault, et celui du Canada, Justin Trudeau, sont les deux personnalités les plus influentes du Québec, selon le palmarès établi par «L’actualité».

L’influence de la classe politique est-elle en déclin?

Selon le palmarès de la revue «L’actualité», parmi les 100 personnes les plus influentes du Québec, il n’y a que deux politiciens fédéraux et huit politiciens provinciaux. Est-ce à dire que la classe politique est de moins en moins influente au Québec? Oui, si l’on additionne les personnes influentes du monde des affaires et du milieu des médias (journalistes, producteurs et scénaristes). Ensemble, ces deux catégories dominent nettement le classement avec près de 40 mentions.

Faut-il pour autant se surprendre que les premiers ministres François Legault (1er) et Justin Trudeau (2e) arrivent en tête du classement? Le contraire aurait été humiliant compte tenu de l’importance de la fonction. Une surprise? Le seul autre choix retenu en politique fédérale est Maxime Bernier (81e), ex-député conservateur et chef du nouveau Parti populaire du Canada. Un choix surprenant pour celui qui n’a pas, jusqu’à maintenant du moins, fait la preuve d’un grand jugement politique et dont les prises de position se situent dans la marge de l’influence. Cependant, à la veille des prochaines élections fédérales prévues en octobre 2019, force est de constater qu’il y a peu de politiciens influents dans la députation fédérale au Québec.

Tout se passe comme s’il existait un vide politique à la Chambre des communes, tant chez les libéraux que les conservateurs, le NPD ou le Bloc québécois où aucun des 77 autres députés restants n’ont pu se distinguer en termes d’influence.

Par ailleurs, L’actualité a retenu seulement huit politiciens au niveau provincial reconnus comme «influents». Outre le premier ministre François Legault (1er), il y a Jean-François Roberge (12e), ministre de l’Éducation, Christian Dubé (21e), président du Conseil du Trésor, Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés (31e), Manon Massé (33e) et Gabriel Nadeau-Dubois (34e), co-porte-paroles de Québec solidaire, Danielle McCann, ministre de la Santé (67e) et enfin Véronique Hivon, députée du Parti québécois (69e).

Curieux qu’aucun des ministres choisis ne pilote un dossier de l’heure, soit l’immigration, les signes religieux pour les personnes exerçant une fonction d’autorité au sein de l’appareil de l’État, les finances publiques et la fiscalité, le renforcement des pouvoirs de l’Assemblée nationale pour les nominations et la réforme du mode de scrutin. Pourquoi cet oubli? Parce que deux des critères retenus dans les choix du palmarès semblent discréditer certains ministres au départ, soit «le charisme et la personnalité» ou le «pouvoir de l’institution».

Que doit-on retenir de ce palmarès? Que le premier ministre François Legault est certes la personnalité «influente» de l’année 2018, lui qui a réussi non seulement à unifier une grande partie de l’électorat dans un nouveau parti, mais aussi à recruter de nombreux nouveaux députés de talent. Les choix retenus par L’actualité, bien qu’arbitraires, reflètent ce que nous constatons tous déjà, soit le déclin de l’influence de la classe politique en général, particulièrement au niveau fédéral.

Jean Baillargeon, expert-conseil en communication et développement stratégique