L’INERS et l’INESSS: du pareil au même?

Dans la foulée de la mise sur pied de l’Institut national d’excellence à la réussite scolaire (INERS) par le gouvernement libéral de Philippe Couillard dans le cadre de la nouvelle Politique de la réussite éducative présentée par le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, il y a quelques semaines, nombre de défendeurs prêchant les éventuels «miracles» que cet institut d’excellence allait pouvoir réaliser, réglant d’un coup de baguette magique les diverses problématiques entourant la sphère éducative au Québec, appuyaient le ministre Proulx dans sa démarche en évoquant le domaine de la santé s’étant lui-même pourvu d’un institut d’excellence, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) en janvier 2011.

En dépit du fait que cet institut d’«excellence» (rhétorique politique de bonne conscience?) portait et porte toujours des objectifs d’amélioration des soins et des services à la population, force est d’admettre que, jusqu’à présent, cette institution n’a pas permis de répondre aux grandes problématiques logistiques du système de santé québécois. 

En effet, les besoins criants que sont l’accessibilité à un médecin de famille, les délais d’attente faramineux dans les salles d’urgence et afin d’accéder à des examens diagnostics ou à des chirurgies, les conditions de travail difficiles des infirmières et des infirmiers, les médecins croulant sous la pression du gouvernement afin que ceux-ci prennent en charge plus de patient.e.s et couvrent plus de services (référence à l’article Programme d’aide aux médecins: hausse marquée des demandes de soutien paru dans La Presse le 6 décembre) ne représentent qu’une simple fraction des diverses problématiques affligeant le système de santé québécois à bout de souffle. 

Les praticiens et praticiennes œuvrant au sein des hôpitaux aux quatre coins du Québec ne semblent pas écouter par l’élite politique tranquillement assise à la Chambre des communes débattant de questions alors décontextualisées et donc éloignées de «la réalité du terrain» voulant mettre sur pied leur institut d’excellence, cette fois en éducation en dépit des constats actuels dans le domaine de la santé et des visées initiales poursuivies par l’INESSS. Ainsi, l’hémorragie actuelle à laquelle nous semblons assister semble découler de l’inadéquation entre théorie et pratique.

Il est alors légitime de s’interroger sur la validité de la mise sur pied d’un tel institut en éducation, un calquage de l’absence de résultats concrets de la mise sur pied de l’INESSS n’étant pas souhaitable. En effet, les individus allant directement en souffrir restent les citoyen.ne.s, mais dans le cas de l’éventuelle mise sur pied de l’INERS, ce sont les plus petit.e.s qui seront les plus touché.e.s et qui payeront le prix de l’absence de réelles mesures afin d’améliorer les pratiques dans le domaine de l’éducation. 

Audrey Daganaud, étudiante à la Maîtrise sur mesure en enseignement collégial à l’Université Laval, Saint-Henri-de-Lévis