«Gouverner Québec n’est plus tant une question de droite ou de gauche, mais l’occasion de mesurer l’importance des choix qui seront faits», écrit David Lemelin.

L’improductive division de la gauche

POINT DE VUE / Les efforts d’unification de la gauche en vue des élections municipales de 2021 peuvent sembler une stratégie intéressante, mais on y voit encore (et encore) davantage l’habituel terreau fertile aux divisions improductives qui offrent, au minimum, l’opposition officielle à une formation politique qui n’a pourtant pas le début du commencement de ce qu’il faut pour gouverner. Alors, pourquoi?

L’idée séduit, parce qu’elle fait rêver les progressistes. Or, dans ces occasions, on assiste plus souvent à une compétition du type «qui est le plus à gauche» afin de déterminer qui devrait avoir le droit de porter les ambitions des écologistes, féministes et autre courant légitime de la même famille idéologique. Viennent alors les commentaires invraisemblables accusant celui-ci «de ne pas faire la promotion des femmes en politique». Cela est archi faux, mais on est visiblement dans des dispositions belliqueuses qui n’apporteront rien. Surtout pas à la gauche.

Pourtant, gouverner Québec n’est plus tant une question de droite ou de gauche, mais l’occasion de mesurer l’importance des choix qui seront faits. Il n’est plus possible de miser uniquement sur l’automobile. L’heure est au changement d’habitudes. Ce qu’il faut, c’est de la communication, du dialogue, pour accompagner les gens dans le changement. Le plus important chantier depuis des décennies est à nos portes : celui du réseau structurant, qu’il faudra mener à terme, dans les meilleures conditions possible, pour le bien du plus grand nombre.

Il n’est plus possible de densifier sans réfléchir aux conséquences sur la dynamique d’un quartier, sur le réseau routier. L’heure est à la densification intelligente, cohérente, consciente de l’ensemble de l’œuvre, y compris du vieillissement de la population. Il n’est plus possible de négliger l’environnement, parce que la planète nous en fera payer le prix, collectivement, tôt ou tard. Il en va de notre survie comme espèce et aucune économie ne peut se permettre le luxe de produire sans réfléchir. Cette époque est révolue.

Le moment est venu de prendre les bonnes décisions pour notre avenir à tous, qu’importe le sexe, l’origine ou la condition. Et tant que ces divisions créeront des groupes marginaux, le champ restera libre pour ceux qui conçoivent l’avenir de Québec comme si nous étions en 1953. Mais, nous n’en sommes plus là.

L’auteur a été candidat à la mairie pour Démocratie Québec en 2013.