La vie suit son cours dans Limoilou. La petite Emma apprend la bicyclette avec sa maman Sophie qui nous livre aujourd’hui une déclaration d’amour à son quartier.
La vie suit son cours dans Limoilou. La petite Emma apprend la bicyclette avec sa maman Sophie qui nous livre aujourd’hui une déclaration d’amour à son quartier.

Limoilou, mon amour

POINT DE VUE / Limoilou, je t’ai toujours aimé. Aimé d’amour. Il y a des amours qui se vivent au temps du choléra, d’autres qui se vivent au temps du corona. Limoilou, je t’arpente, je regarde tes fenêtres, je compte tes arcs-en-ciel, j’écoute ton battement bien audible malgré le couvercle qu’on a posé sur nos vies. Tu vibres en sourdine… mais tu vibres. Je t’aime parce que tu es plus que jamais le refuge des solitudes confinées. Il suffit d’ouvrir la porte, de faire quelque pas. Même à deux mètres de distance, les sourires sont là. 

Attends un peu que les degrés montent, Limoilou. Tes terrasses ne seront peut-être pas ouvertes sur la 3e avenue, mais il y aura des « cheers » entre balcons dans toutes tes rues. « Tchin »… tu teinteras sans bruit, deux mètres obligent, mais ce sera avec du cœur.

Limoilou… Attends un peu que les degrés montent. Dans tes parcs, les modules de jeux seront peut-être encore désertés, mais les enfants apprendront toujours à faire du vélo dans tes ruelles. Il y aura des genoux écorchés, comme chaque année… mais peut-être pas la tribu de petits voisins pour se consoler. Regarde-les aller, tes enfants… une fois le virus passé, ils sauront pédaler. Et dans tes ruelles, les rires vont résonner.

Tes fêtes, ta musique, ton bazar écopent. Un été gelé. Le virus t’éteint, Limoilou. Mais il n’éteint pas tes âmes. Elles grouillent en coulisse, elles composent des symphonies qui restent muettes pour le moment. Soit patient Limoilou. Viendra le temps où on apprivoisera le déconfinement comme on est en train d’apprivoiser son contraire. Et c’est là, sous le soleil d’un début ou d’une fin d’été, que tu tiendras ta promesse : faire chanter tes balcons et danser les cœurs qui t’habitent. 

Limoilou, je t’aime. Peu importe les degrés, peu importe les virus. Je t’aime parce que ton humanité règne, malgré les distances réglementaires, sanitaires ou sécuritaires. Je t’aime parce que cette humanité, elle bat en nous, les gens du quartier. Et ce battement-là, il n’est pas près de se taire.