S'il est élu premier ministre l'an prochain, Jean-François Lisée sera-t-il en mesure de stopper le déclin du français au Québec?

L'heure est grave pour le Parti québécois

La potentielle élection majoritaire du Parti québécois (PQ) en 2018 permettra-t-elle de stopper le déclin du français et la progression de l'anglais au Québec, comme révélés dans le dernier recensement? Je ne le pense pas.
Avec un gouvernement péquiste, nous accueillerons comme avant un fort pourcentage d'immigrés ne connaissant pas le français et se satisfaisant de ne pas l'apprendre. S'ils le désirent, les francophones et les allophones continueront d'étudier dans les cégeps et les universités anglophones. Les entreprises de compétence fédérale n'appliqueront toujours pas la loi 101. Les fonctionnaires provinciaux continueront de parler anglais avec leurs clients, que ceux-ci soient nés au Pakistan ou pas, et ne recevront toujours pas de prime au bilinguisme - comme si la connaissance de cette langue en était une de base au Québec, seule province canadienne où le français est pourtant la seule langue officielle).
La proposition péquiste de soumettre les entreprises comptant de 25 à 49 employés à la loi 101 et à la procédure de certification en francisation ne suffira pas. Non, il saute aux yeux que le PQ n'empêchera pas le déclin du français et la progression de l'anglais au Québec une fois au pouvoir en 2018.
Le PQ ne veut pas d'un référendum et c'est très bien ainsi, car il serait perdant à coup sûr, mais pourrait-il, grand dieu, franchement préparer le terrain? L'indépendance passe par le français. En effet, ce sont les francophones qui diront Oui à un éventuel référendum, mais si leur poids diminue, c'est peine perdue.
Le congrès de septembre sera l'un des plus importants de ce parti. L'heure est grave. Ou le PQ sonne la charge ou il met pavillon bas.
Sylvio Le Blanc, Montréal