Leur déclaration des droits

Le programme d'éthique et culture religieuse souligne la nécessité d'engager les élèves dans des conversations qui leur permettent de repérer des valeurs et des normes dans la question éthique. Le 7 juin, des élèves de deuxième année ont vécu une activité que nous avons mise en forme à partir des ouvrages La Déclaration des droits des filles et La Déclaration des droits des garçons (Élisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol).
Nous avons d'abord invité les enfants à exprimer leur point de vue relativement à quatre énoncés (Les garçons comme les filles ont le droit de pleurer et de se faire dorloter; Les garçons comme les filles ont le droit de porter du rose, du violet, du jaune et toutes les couleurs du monde; Les filles comme les garçons ont le droit de choisir le métier qu'elles veulent: conductrice de camion, astronaute, menuisière...; Les filles comme les garçons ont le droit de jouer avec des camions, des Legos, des jeux vidéos...). 
Quelques idées socialement prédominantes telles que «les garçons sont plus endurants que les filles» ou «les filles sont meilleures à la corde à sauter» ont été formulées. Cela dit, pour la grande majorité de ces élèves de 8 ans, il apparaît clair que «les filles peuvent courir aussi vite que les garçons», «pleurer sert à exprimer des émotions» et «les filles et les garçons peuvent faire du ballet ou du karaté».
Au retour de la récréation, les 17 élèves ont rédigé La Déclaration des droits des élèves de la classe de madame Lucie : «Les garçons et les filles ont le droit de pleurer quand ils tombent, de choisir ce qu'ils veulent faire dans leur vie, de mettre du maquillage, d'aimer le rose, de jouer à des jeux violents, aux poupées et à la corde à sauter, de choisir le métier qu'ils veulent, de s'aimer, de chanter et d'être différents les uns des autres.»
Ces élèves se sont interrogés sur leur position et sur leurs sentiments tout en considérant ceux de leurs collègues de classe. Ils et elles ont confronté leurs idées de façon respectueuse. Leur enthousiasme à aborder ces questions nous mène à penser qu'il s'agit d'un moment opportun de leur vie pour mettre à l'épreuve les préjugés et stéréotypes sociaux. 
Lucie Galerneau, enseignante à l'école de la Grande-Hermine
Chantal Pouliot, professeure à l'Université Laval