Guy Gallant, maire de Saint-Alexis

Lettre ouverte à notre préfet

À Guy Gallant, maire de Saint-Alexis-de-Matapedia, préfet de la MRC d'Avignon, président de la Table des préfets de la Gaspésie, aspirant député libéral.
Hier, le whip du parti libéral, Jean-Marc Fournier, annonçait l'intention du parti d'imposer le bâillon sur le projet de loi 106. À la veille de Noël, le parti nous offre encore la suppression de la démocratie en cadeau, en espérant que le temps des Fêtes nous le fera oublier assez vite. Museler les voix qui s'élèvent contre une loi aberrante va devenir une tradition du temps des Fêtes!
Or, plusieurs municipalités de la MRC d'Avignon, et la MRC elle-même, ont adopté des résolutions contre le projet de loi 106. Des voix se sont élevées dans les conseils municipaux pour dénoncer les pouvoirs d'expropriation conférés aux compagnies pétrolières, exprimer des craintes par rapport aux conflits d'usage que cette loi va générer pour le territoire et demander le rejet pur et simple du développement de cette filière au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, ou au moins un moratoire en attendant une véritable consultation publique.
De plus, vous avez annoncé vouloir vous présenter à l'investiture du Parti libéral pour devenir député dans Bonaventure aux prochaines élections. Certains commentateurs ont déjà soulevé le doute que cette posture délicate laisse planer sur votre intégrité. Je vous en ai d'ailleurs fait part personnellement, lors d'un entretien téléphonique.
Je vous demande donc, moins de 48 heures avant la convocation de la session spéciale visant l'adoption du projet de loi 106 : 
1. d'exprimer publiquement la position consensuelle dégagée par l'adoption des résolutions dans les municipalités de la péninsule, en itérant que la Gaspésie ne veut pas d'une loi sur les hydrocarbures qui donne tout le pouvoir aux pétrolières.
2. de condamner publiquement l'usage du bâillon afin de museler les voix qui s'élèvent contre cette loi.
3. d'user de votre influence au sein du parti libéral afin de les dissuader d'utiliser le bâillon.
Pascal Bergeron, porte-parole, Environnement Vert Plus